Les voyages d'affaires sont-ils nécessaires?
55% des voyageurs dâaffaires estiment que certains déplacements ne sont pas nécessaires. Câest la conclusion la plus marquante présente par Tandberg après une étude menée par Ipsos MORI auprès de 1.400 voyageurs dâaffaires européens. Ce n'est pas innocent : Tandberg fournit des produits et services pour la communication visuelle.
En mai 2006, ce sont 1.403 voyageurs dâaffaires issus des Pays-Bas, de Grande-Bretagne, de France, dâAllemagne, dâEspagne, de Suède et dâItalie qui ont répondu à un questionnaire en ligne.
Il ressort des résultats de cette étude un message clair pour les entreprises : les voyages dâaffaires ne sont pas, pour une bonne part, nécessaires. Pire : ils sont effectués au détriment de lâefficacité de lâentreprise ! Ainsi pour plus de la moitié des voyageurs dâaffaires (55%) certains de leurs voyages ne sont pas nécessaires. Environ 15% des voyageurs dâaffaires européens estiment même que les déplacements les rendent moins productifs et 44 % dâentre eux se jugent soumis à un stress trop important.
Il est étonnant de remarquer que ces voyageurs, quand on leur demande pourquoi ils apprécient partir en voyage dâaffaires, font mention dâarguments qui nâont pas de rapport avec le travail. Ils citent plus volontiers des motivations indirectes. Ainsi, 58% citent la socialisation, particulièrement en Italie et en Allemagne (chacun à 65%) et le moins en Grande-Bretagne (47%) et en Espagne (50%). En moyenne, 69% dâentre eux avancent la volonté de connaissance des autres cultures comme une raison de leur voyage (76% en Italie, 75% en France, 61% aux Pays-Bas). En résumé: Les voyages dâaffaires sont souvent présentés comme étant une bonne raison pour sâéloigner un peu du bureau.
Pour Fredrik Halvorsen, CEO de Tandberg : "Les entreprises devraient se demander si la socialisation et apprendre à connaître dâautres cultures sont deux raisons suffisantes pour justifier les effets négatifs induits par ces déplacements pour affaires. Il est temps pour les entreprises dâaborder dâune autre manière ces questions et voir ce quâamène chaque voyage dâaffaires et quelles en sont les alternatives".
Une alternative : la vidéo conférence
Sur le plan personnel, ces voyages ont un impact négatif sur lâéquilibre travail/vie privée. Lâétude démontre quâune bonne part des voyageurs dâaffaires en Europe (29%) sont ouverts aux alternatives proposées par les moyens de (télé-)communication (34% des Espagnols et 22% des Néerlandais). 32% de ceux qui possèdent ou envisagent dâacquérir un système de vidéoconférence en attendent une amélioration de cet équilibre travail/vie privée (Italie et Grande-Bretagne 41%, Pays-Bas 21%).
Pour la plupart des organisations, tenir des conversations ou organiser des réunions par le biais de la vidéoconférence sont de bonnes alternatives pour remplacer une grande partie des voyages dâaffaires. La technologie permet la communication face à face sans gaspiller de temps et dâargent dans les déplacements. Ces organisations épargnent également lâenvironnement.
Voyages dâaffaires et vie privée, quel équilibre ?
Les entreprises ne sont pas les seules à ressentir les effets des déplacements dâaffaires, leurs collaborateurs y sont tout aussi sensibles. La formule "les voyages sont un mal nécessaire" est partagée par plus dâun tiers des interrogés (36%). 44% des voyageurs dâaffaires européens estiment même que ces déplacements les épuisent, en Italie, ils sont même 81% à le penser. Il ressort également de lâenquête que ce sont les Italiens qui effectuent le plus de déplacements: 19% au moins une fois par mois, 6% au moins une fois toutes les deux semaines.
Les voyages dâaffaires semblent avoir une influence néfaste sur lâéquilibre entre travail et vie privée. Et il semble que pour les voyageurs dâaffaires il ne sâagisse pas dâun "avantage" des fonctions intéressantes.
Une question dâenvironnement
Les entreprises sont de plus en plus sensibles aux questions de société et le respect pour lâenvironnement est un souci de taille. Sur ce plan aussi, les effets négatifs des déplacements en avion sur lâenvironnement ont été démontrés et interpellent. Quelques 43% des personnes interrogées se sont dites soucieuses de lâenvironnement mais seulement 10% disent vouloir réellement diminuer la fréquence de leurs voyages pour cette raison.
