Le Belge veut arrêter de travailler à 62 ans
Tout au moins les plus de 50 ans "occupés" qui voient sans doute se rapprocher le moment où ils pourraient "décrocher". Reste que 72.000 personnes continuent de travailler pendant leur retraite, surtout pour sâassurer dâun revenu complémentaire.
Une question dââges
Les chiffres datent du 2e trimestre 2006, période où la Direction générale Statistique et information économique (SPF Economie) a organisé pour la 1re fois une enquête sur le passage de la vie active à la retraite. Cette enquête livre des informations, dâune part, sur lââge prévu de la retraite des personnes encore occupées et, dâautre part, sur lââge effectif de la retraite des personnes qui perçoivent déjà une pension.
Lââge prévu de la retraite et lââge effectif de la retraite sont deux notions différentes. Lââge prévu de la retraite est lââge auquel une personne occupée prévoit dâarrêter complètement de travailler (par exemple, une personne occupée âgée de 61 ans prévoit de prendre sa retraite (anticipée) à 63 ans, tandis quâune autre table plutôt sur 65 ans,â¦). Tandis que lââge effectif de la retraite est lââge auquel les personnes qui sont déjà à la retraite ont reçu pour la première fois une pension (par exemple, une personne retraitée de 68 ans a reçu sa première pension à lââge de 60 ans, contre 65 ans pour une autre,â¦).
Jâarrêterai à â¦
Selon lâétude, lââge prévu par les plus de 50 ans pour prendre leur retraite est de 62 ans.. Il sâagit dâun âge moyen calculé sur la base des réponses du groupe des 50-69 ans occupés à la question de lââge auquel ils prévoyaient de cesser tout travail rémunéré. Cesser tout travail rémunéré et prendre sa retraite ne sont pas nécessairement la même chose ; un faible pourcentage de personnes continuent de travailler quelques heures par semaine après leur retraite.
Les femmes prévoient dâarrêter de travailler un peu plus tôt que les hommes et les Flamands un peu plus tôt que les Wallons. Les Bruxellois sont les Belges qui prévoient de quitter le marché de lâemploi le plus tard. Selon le SPF Economie, ce chiffre est probablement lié au niveau dâinstruction moyen, plus élevé au sein de la population bruxelloise. En effet, en moyenne, les personnes hautement qualifiées prévoient de travailler un peu plus longtemps que les personnes à niveau dâinstruction faible ou moyen.
Dans les faits
La moyenne de lââge prévu pour quitter la vie active est supérieure à la moyenne de lââge effectif de la pension. Lââge moyen auquel les personnes reçoivent une pension de retraite (pension de retraite après une carrière professionnelle active ou une retraite anticipée) est de 60,7 ans. Tout comme pour lââge prévu pour quitter la vie active, lââge moyen de la pension est plus élevé chez les hommes que chez les femmes. Lââge légal de la retraite des femmes est actuellement de 64 ans et restera inférieur à celui des hommes (65 ans) jusque fin 2008. A Bruxelles et en Flandre, on part à la retraite à peu près au même âge. Les Wallons sont retraités un an plus tôt en moyenne.
On constate que lââge effectif moyen de la retraite baisse à mesure que le niveau dâinstruction augmente. Les hautement qualifiés partent à la retraite en moyenne 2 ans plus tôt que les personnes à faible niveau dâinstruction.
Une personne retraitée a en moyenne 38 ans de carrière derrière elle. La durée de la carrière est dâenviron 40 ans chez les hommes et de moins de 36 ans chez les femmes. La carrière est plus brève en Wallonie quâà Bruxelles et en Flandre. Les personnes à faible niveau dâinstruction travaillent plus longtemps que les personnes hautement qualifiées : une carrière de près de 40 ans pour les premiers contre 36 ans pour les seconds.
Des demi-mesures avant la retraite ?
Lâaffirmation selon laquelle quasi tous les actifs réduisent leur temps de travail avant de prendre leur retraite ne semble pas se confirmer. Près de la moitié des répondants nâont pas réduit leur temps de travail dans la perspective dâun départ à la retraite complète et déclarent explicitement ne pas avoir lâintention de le faire au cours des 5 prochaines années. Les chiffres enregistrés pour les hommes sont plus élevés que pour les femmes (respectivement 52,5% et 40,9%).
38% du groupe-cible a déjà réduit son nombre dâheures de travail ou le fera endéans les 5 ans, dans la perspective de la retraite complète. Ici, les chiffres enregistrés pour les femmes sont plus élevés que pour les hommes (respectivement 43% et 35%). Environ 20% des personnes interrogées ont lâintention de réduire leur temps de travail au cours des 5 prochaines années et 18% seulement ont franchi le pas. 6,4% des hommes et 9,8% des femmes ont réduit le nombre dâheures prestées dans le cadre dâun système de retraite progressive.
La retraite anticipée à temps partiel à laquelle un fonctionnaire statutaire peut prétendre à partir de lââge de 55 ans en est un exemple. Dans ce système, le membre du personnel travaille à 50% et perçoit un salaire pour des prestations à mi-temps, salaire auquel sâajoute une prime mensuelle.
Outre ce système spécifique, il existe de nombreuses autres possibilités pour réduire le temps de travail à lâapproche de la retraite complète, notamment le travail à temps partiel, la semaine de 4 jours, le régime de crédit-temps à mi-temps, la préretraite à mi-temps et la réduction du temps de travail. 10% des personnes interrogées ont réduit leur temps de travail de cette manière 12,5% des hommes et de 16,5% des femmes ne connaissaient pas encore leurs intentions pour les 5 prochaines années ou leurs projets nâétaient pas pertinents.
Pourquoi continuer à travailler ?
Certaines personnes ont droit à une pension de retraite ou perçoivent déjà une pension de retraite mais continuent malgré tout de travailler. Au 2e trimestre 2006, elles étaient au nombre de 72.000.
La raison principale pour continuer de travailler est de garantir un revenu suffisant au ménage. Parmi les personnes qui continuent de travailler, 43% le font pour assurer un revenu suffisant au ménage, 37,1% déclarent ne pas avoir de motivation financière (mais une autre) et seules 20% avancent comme raison de vouloir augmenter les droits à la pension de retraite.
Chez les hommes et les personnes à niveau dâinstruction faible ou moyen, garantir un revenu suffisant au ménage est de loin la principale raison pour continuer de travailler. Par contre, 50% des personnes hautement qualifiées qui restent actives le font pour une motivation autre que financière.
