Marchés émergents: le Japon
Avec une augmentation de 35%, Tokyo est cette année la meilleure bourse de tous les grands pays industrialisés. Lâindice Nikkeï a atteint son niveau le plus élevé depuis octobre 2000 et a déjà doublé depuis son plancher de 2003. Certains investisseurs se demandent donc sâil nâest pas temps de songer à prendre son bénéfice.
Notons dâabord que lâindice cote encore à moins de la moitié de son sommet de 1989, à savoir 38.957. Entre-temps, les perspectives économiques se sont fortement améliorées et la rentabilité des entreprises japonaises est meilleure que dans les années 80.
Economie japonaise
Lâéconomie japonaise a dû faire face pendant plus dâune décennie à la pression de la mauvaise situation financière du secteur bancaire. Sous le gouvernement du Premier Ministre Koizumi, les banques ont toutefois été mises sous pression pour amortir les emprunts non récupérables et pour faire un nettoyage des bilans afin de les rendre sains. Le pourcentage de mauvais emprunts a diminué depuis 2002 de 8,7% à moins de 3%. Lâéconomie a de plus en plus profité ces dernières années des exportations en hausse à la suite de la demande grandissante de la Chine. Lâéconomie croîtra cette année de quelque 2%.
Entre-temps, la longue période de 7 années de déflation semble être arrivée à son terme. Le mois passé, lâinflation de base a encore baissé de 0,3% sur une base annuelle mais des signes dâune légère inflation apparaissent. Pendant cette même période, les prix de lâimmobilier à Tokyo ont augmenté de 0,5%, la première augmentation depuis 15 ans. Jusquâà présent, lâéconomie a surtout bénéficié des exportations qui représentent quelque 12% du PIB. Grâce à la fin de la déflation, lâéconomie devra de plus en plus être soutenue par la consommation. Les prix en augmentation feront que les consommateurs ne remettront plus très longtemps leurs achats.
Bourse de Tokyo
La forte relance de la bourse japonaise est surtout à mettre au compte de lâintérêt grandissant de la part des investisseurs étrangers. Cette année, les derniers ont acheté des actions japonaises pour un montant record de presque 10.000 milliards de yens. Lâintérêt international continue dâaugmenter, mais nous prévoyons quâune poursuite de la hausse de la bourse devra être plutôt supportée par les acteurs domestiques.
Dans les années à venir, la politique de Koizumi peut continuer à soutenir la bourse. Le Premier ministre a remporté cette année une victoire retentissante aux élections dont lâenjeu principal était la privatisation de la poste japonaise. Cette institution financière qui est la plus importante du monde gère 386.000 milliards de yens (2.800 milliards dâeuros) dâépargne. La toute grosse partie de celle-ci se trouve dans des dépôts à terme et dans des obligations, mais sans doute quâau cours des années prochaines, une partie de ces capitaux seront investis en bourse.
Bien que la bourse japonaise, après la croissance ininterrompue des 4 derniers mois, est temporairement surachetée, on ne peut pas pour autant parler de bulle spéculative. Le c/b moyen des actions de lâindice Topix sâélève à environ 20, mais pour lâannée fiscale en cours jusquâau 31 mars, la prévision consensuelle attend une croissance moyenne du bénéfice opérationnel de 40%. En outre, la bourse a jusquâà présent été surtout stimulée par des secteurs qui marchent traditionnellement bien au début dâun cycle de croissance.
Fonds japonais
Les fonds japonais peuvent être conservés, mais après la forte croissance des 4 mois écoulés, nous attendrions un affaiblissement pour acheter. En ce qui concerne lâindice Nikkeï, nous estimons toutefois que le prochain plancher restera au-dessus de ligne de 14.000 pts.
Pour les fonds japonais, les prestations sont assez diverses cette année. Invesco Invest Nippon Select est provisoirement le gagnant. Ce fonds investit surtout dans des actions industrielles. Les fonds de Deutsche Bank, ING et Jardine Fleming également, affichent de meilleures prestations que la moyenne. Ceci est dû surtout à une représentation relativement forte des actions financières. Ces fonds bénéficient dâailleurs toujours de notre préférence. Pour les fonds de Schröders et de Fructilux, la moins bonne prestation est due partiellement à un poids relativement plus faible des actions bancaires.
A la bourse japonaise, on peut par ailleurs investir via le tracker IShares MSCI Japan (ticker : EWJ) noté à lâaMEX. Dans ce tracker se trouvent les poids lourds Toyota, Mitsubishu UFJ Financial, Mizuhu Financial, Simiromo Mitsui Finance et Takeda Pharma. Ce fonds suit ainsi assez bien lâindice Topix. Une baisse au cours des prochaines semaines pourrait ainsi offrir une occasion dâachat.
Un article de L'Investisseur (20 décembre 2005)
