D'office assuré contre le terrorisme
Depuis le 1er mai 2008, les assurés belges verront leurs contrats dâassurance sâadapter à une nouvelle législation, qui réglemente la manière dont les assureurs prendront en charge les conséquences dâéventuels actes de terrorisme. Cette adaptation des contrats nâimpose aucune formalité particulière de la part de lâassuré. Elle ne devrait pas, en elle-même, avoir dâimpact sur le prix de lâassurance.
A la prochaine échéance annuelle de primes, le consommateur bénéficiera ainsi dâune couverture sans ambiguïté, renvoyant à une définition légale des dommages dus au terrorisme. Il sera protégé contre un éventuel retrait du marché de la part des (ré)assureurs en cas de dommages importants.
Contrairement à des pays comme lâEspagne et le Royaume-Uni, qui avaient de longue date élaboré des formules de prise en charge des actes de terrorisme en raison de lâexistence dâorganisations autonomistes violentes, la Belgique nâavait à ce jour pas de réponse coordonnée en matière de prise en charge dâattentats. Après les événements de New York, et, plus près de nous, Madrid et Londres, il était clair que la Belgique devait sâorganiser pour mieux garantir la sécurité des citoyens, souligne le professeur Philippe Colle, administrateur délégué dâAssuralia, lâunion professionnelle des entreprises dâassurance.
Garanties et capacités financières
La nouvelle législation répond à 2 types de préoccupations :
- dâune part, en ce qui concerne la portée des garanties que lâassuré trouve dans ses contrats dâassurance car rares étaient les contrats grand public qui traitaient explicitement du terrorisme, si ce nâest lâassurance incendie;
- dâautre part, en ce qui concerne les capacités financières nécessaires pour couvrir des actes de terrorisme majeurs : il suffit de rappeler quâau lendemain des attentats de New York et Washington, les compagnies dâaviation avaient eu du mal à trouver des (ré)assureurs disposés à prendre des engagements financiers dans un climat géopolitique extrêmement tendu et instable.
Une couverture obligatoire
La loi du 1er avril 2007 organise la couverture obligatoire du terrorisme dans 8 types de contrats dont quasiment tous les citoyens bénéficient, que ce soit comme particuliers ou comme travailleurs :
- lâensemble des assurances sur la vie, tant individuelles que "groupe";
- les assurances maladie, comprenant surtout les garanties "hospitalisation" mais aussi des garanties "revenu garanti";
- les assurances contre les accidents du travail, y compris celles couvrant des fonctionnaires et y compris les lésions subies sur le chemin du travail (comme à Londres ou Madrid ou des travailleurs furent victimes des attentats en se rendant au travail);
- les assurances contre les accidents corporels;
- lâassurance incendie "risques simples" (habitations, fermes, commerces et PME);
- lâassurance auto obligatoire (responsabilité civile) de véhicules immatriculés en Belgique.
La seule exception à ce principe concerne le terrorisme nucléaire.
En ce qui concerne les autres contrats courants (assurance omnium auto, assistance, protection juridique, assurances de pertes dâexploitation et de "grands risques" incendie, notamment), les assureurs sont libres de donner ou non couverture contre les actes de terrorisme, mais lâexclusion du terrorisme devra alors figurer en termes explicites dans les contrats.
Pour ces branches, des exclusions sont possibles pour lâutilisation de moyens nucléaires, mais aussi bactériologiques ou chimiques.
Ainsi, il ne devrait plus y avoir de contestations sur la portée des garanties des contrats et la comparaison sâen trouve facilitée pour le client comme pour le courtier.
Capacités financières
La loi du 1er avril 2007 tient compte du fait que des attentats peuvent avoir un impact énorme en termes de lésions corporelles, de dommages aux biens et de conséquences économiques. Les cumuls de garanties sont dâautant plus redoutables que notre pays est densément peuplé et héberge des cibles potentielles. Pour ce qui est des dommages couverts par des assurances, il importe donc de prévoir un plafond dâengagements réaliste qui puisse être garanti année après année.
La loi fixe ce plafond à un montant annuel dâun milliard dâeuros, ce montant étant adapté en fonction de lâindice des prix à la consommation.
A défaut dâassurance
La loi du 1er avril 2007 sâapplique à des millions de contrats dâassurance, et vient sâajouter à lâassistance légale que lâEtat accorde pour sa part aux victimes non assurées en cas dâattentat, observe Philippe Colle, administrateur délégué dâAssuralia. Outre lâintervention de la sécurité sociale, des victimes qui ne bénéficient pas de lâintervention dâassurances privées peuvent obtenir une aide soumise à certaines conditions et limites auprès de la Commission instituée auprès du Service public fédéral (SPF) Justice pour venir en aide aux victimes dâactes de violence intentionnels (ainsi quâaux sauveteurs bénévoles). Ces aides sont pourtant plafonnées, en particulier en ce qui concerne les dommages aux biens.
En tout état de cause, la souscription dâassurances garantissant lâindemnisation de vos biens et de votre famille constitue la meilleure garantie de surmonter les conséquences financières dâactes de terrorisme, conclut le professeur Colle.
- FAQ sur lâassurance et le risque de terrorisme : www.tripasbl.be
