Golfe du Morbihan: îles de rêve et douceur de vivre

Rue typique de l'ïle aux Moines (photo Louis-Cyril Tharaux)On connaissait la passion de Jacques Brel et de Paul Gauguin pour les Marquises et on partage volontiers les hymnes à l’amour de Cesaria Evora pour son Cap-Vert natal. Les îles fascinent les artistes comme les touristes en quête de sensations. Dans le Morbihan, en Bretagne sud, ils sont chaque été plus de 200.000 à prendre le bateau pour les quelques 300 îles et îlots du Golfe du Morbihan.


"Petite mer", telle est la traduction du mot "Morbihan". Presque un paradoxe quand on fait la connaissance de ce paradis sur terre. Le plus méridional des 4 départements bretons est une exception française. Il possède en effet l’une des plus belles façades maritimes de l’hexagone. Il doit son nom à ce Golfe, site classé connu dans le monde entier pour ses réserves ornithologiques (qui abritent échassiers, bernaches), sa flore rare composée de zostère, son environnement boisé, son courant "de la jument", et surtout ses 300 îles, à vrai dire essentiellement des îlots, qui lui confèrent toute sa magie.

Certaines îles du golfe du Morbihan sont la propriété d'une même famille (photo Louis-Cyril Tharaux)Cette mer intérieure s’étend sur 21 km de long et 5 km de large, depuis le port de Vannes (au nord-Est), préfecture, jusqu’à Port-Navalo, postée telle une vigie à la pointe de la presqu’île de Rhuys (au sud-ouest). La commune, rattachée à Arzon, est exposée aux forts vents venus de l’Atlantique. Comme l’est d’ailleurs Locmariaquer, l’autre porte d’entrée du Golfe, située à moins d’un kilomètre, sur l’autre rive.

Escale à Izenah

Une rue typique de l'Île aux Moines (photo Louis-Cyril Tharaux)A l’exception de quelques terres acquises par de riches particuliers, seules 2 îles du Golfe sont officiellement habitées. L’Ile aux Moines, tout d’abord, que la nature a dessiné en forme de croix ou d’étoile c’est selon, se situe au cœur de cet espace naturel, à quelques centaines de miles de l’embarcadère de Port-Blanc, sur la côte nord.

Peuplée de 600 âmes, plébiscitée des touristes pour son accueil, la diversité de ses paysages, ses ruelles étroites et ses plages, Izenah (son nom breton) voit sa population atteindre des sommets en haute saison, jusqu’à 9.000 résidents. Sans compter les 12.000 visiteurs qui y font escale pour la journée.

La plus connue ensuite, c’est l’Ile d’Arz (324 ha pour 250 habitants), située à un quart d’heure de bateau de Vannes. Surnommée l'île des capitaines, en raison du nombre de navigateurs qui y résidaient jadis, elle veille sur un mini archipel de 9 îles. Prisée, mais volontairement plus en retrait que l’Ile aux Moines, Arz a su garder sa quiétude, son caractère sauvage, et un sentier côtier apprécié des marcheurs et photographes.

Dépaysement assuré

Un sinagot amarré à quelques mètres de l'Île d'Arz (photo Louis-Cyril Tharaux)Vivre une escapade sur le Golfe est inoubliable, bien au-delà de ces 2 îles maîtresses. L’approche des l’îles d’Er Lannic et de Gavrinis, qui abritent des mégalithes d’une grande rareté, est à savourer jumelles aux mains, appareil photo en bandoulière, tout comme l’observation des espèces d’oiseaux ou le croisement d’un Sinagot. Cette embarcation locale, qui doit son nom aux habitants de Séné, est remarquable par ses voiles ocres et sa coque noire. Les Sinagots pêchaient l’huître au début du siècle. Aujourd’hui restaurés, ils prennent la mer avant tout pour le clin d’œil au passé.

Sur les eaux et les berges, les couleurs et les paysages changent au gré des marées. Si la douceur règne en permanence, au franc soleil peut succéder parfois en quelques minutes un "gros grain", ou un crachin doublé d’un épais brouillard. Dans ces conditions, reconnaître la route de la veille n’est pas fatalement une sinécure. Aussi, si vous n’êtes ni un adepte de la plaisance, ni un as de la planche à voile, optez pour une sortie à bord des vedettes de passagers.

Le golfe du Morbihan, le paradis des balades en mer (photo Louis-Cyril Tharaux)Elles croisent à longueur d’année, particulièrement d’avril à octobre. Qu’il s’agisse de la Compagnie des Iles ou de Navix, elles vous proposeront aussi bien un tour du Golfe sans escale en deux heures qu’une excursion de plusieurs heures avec escale. En dépit de tarifs élevés (entre 15 et 29 euros par adulte ; de 4 à 19 euros par enfant), la formule connaît un succès jamais démenti.

Ces 2 sociétés de transport vous emmèneront d’ailleurs depuis Vannes ou Port-Navalo vers Houat, Hoëdic et Belle-Ile (lire ci-dessous), ces îles de l’Atlantique qui ferment la Baie de Quiberon et marquent la frontière maritime sud du Morbihan.

Idée d’escapade

Belle-Ile, sa Citadelle, ses sentiers, sa douceur

D’une superficie de 85 km², bénéficiant d’un climat océanique et d’un ensoleillement important, Belle-Ile (Gwedel en breton) se situe à 14 km au sud de Quiberon. Elle compte près de 5000 habitants répartis sur quatre communes. Le Palais et Sauzon, qui sont les ports principaux où les vedettes viennent accoster, puis Locmaria et Bangor, un zest plus "terriennes"...

L’idéal pour découvrir Belle-Ile, humer ses odeurs et ressentir son âme, est d’y séjourner au minimum 2 ou 3 jours. La période estivale bat fatalement les records d’affluence. La population décuple soudain, les hôtels, chambres chez l’habitant et campings font le plein, et les activités pour les touristes fleurissent alors de toute part.

Le territoire se prête agréablement aux randonnées pédestres, au cyclotourisme et à la pratique de la voile. Partez les yeux fermés jusqu’à la Pointe des poulains, immortalisez en noir et blanc les Aiguilles de Port-Coton, découvrez le Jardin La Boulaye à Locmaria, puis par-delà une halte chez les peintres locaux, posez vos valises au Palais. C’est ici, sur les quais du port de plaisance, que vous accueillent ces maisons teintées de roses, de bleu et de blanc, plus hautes que larges, collées entre elles les unes aux autres pour la plupart. C’est également ici que se dresse un monument : la Citadelle.

Séduisante malgré tout…

Souvenez-vous, c’était début août. La bien nommée Belle-Ile apprenait avec stupéfaction que sa Citadelle n’était pas considérée par l’Unesco comme l’un des douze sites les plus remarquables édifiés ou consolidés par le maréchal Vauban, ingénieur militaire de Louis XIV.

Belle-Île, le Port du Palais, l'une des plus belles vues de l'ïle (photo Louis-Cyril Tharaux)

Surplombant l’Atlantique, singulière, et visitée chaque année par plus de 40.000 touristes, la forteresse du Palais aurait certes mérité les honneurs, ne serait-ce que pour saluer l’engagement de ses propriétaires, Anna et André Larquetoux.

Le couple s’est investi des décennies pour faire renaître le fort de l’état de ruine qui était le sien au début des années 60, consacrant cinquante millions d’euros à sa restauration.

La décision sonne donc sans doute faux, mais que les Bellilois se rassurent, leur perle n’a guère besoin qu’on lui décerne des lauriers supplémentaires pour qu’on ait envie de la conquérir. Sarah Bernhardt et Claude Monet lui assurèrent dès la fin du XIXe siècle une renommée au long cours. 

Infos pratiques

Morbihan

Belle-Ile

  • Office de tourisme : www.belle-ile.com
  • Citadelle Vauban - 56360 Le Palais
    Tel. +33 (02 97 31 84 17 - fax +33 (0)2 97 31 45 83
    Tarifs : enfant 3,05 euros - adulte 6.10 euros - groupe 4.57 euros.
    Ouvert tous les jours, toute l’année.

Louis-Cyril Tharaux


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