Découvrir la frontière Oder-Neisse à coups de pédales

Borne et pont sur l'Oder-Neisse (photo Charlotte Noblet)Les quelque 630 kilomètres de frontière qui séparent l’Allemagne et la Pologne réservent paysages paradisiaques et rencontres sympathiques à qui en redemande. Plus qu’une irréprochable forme physique, c’est davantage un brin de curiosité qui est requis pour remonter les 2 fleuves frontaliers que sont la Neisse et l’Oder.


De chaque côté de la frontière, pistes cyclables et petites routes de campagne agrémentées de restaurants et de pensions veillent au bon acheminement des cyclistes. Et depuis l’entrée de la Pologne dans l’espace Schengen, même plus besoin de poser le pied à terre au poste-frontière pour sortir la carte d’identité : la route est libre !

Un lourd passé historique

Dès les premiers kilomètres, l’expérience de la frontière se fait sentir dans toutes ses ambivalences. La Pologne a beau avoir été récemment intégrée à l’espace Schengen, les infrastructures permettant d’aller d’un pays à l’autre demandent à être développées.

Il ne reste en effet pas grand-chose de la centaine de ponts et de ferrys qui assuraient le passage d'une rive à l'autre avant la guerre. La plupart ont été bombardés par les nazis pour retarder l'arrivée des Russes. Puis, du temps de l’Allemagne de l’Est, seulement 3 postes-frontières étaient encore ouverts aux citoyens. Sur une frontière de plus de 600 km. Aujourd’hui, on en compterait une trentaine, ce qui oblige parfois à des détours de 50 km, rien que pour atteindre le village d’en face, celui qu'on voit chaque jour de sa fenêtre, souvent sans le connaître... Résultat, les habitants méconnaissent souvent leurs voisins, voire s’ignorent totalement, alors qu’ils partagent la même frontière et parfois bien plus.

Beaucoup ont par exemple été déplacés lors de la redéfinition de la frontière germano-polonaise par les Alliés, en 1945. Les Allemands qui vivaient à l’Est de la "ligne Oder-Neisse" furent expulsés des territoires (re)devenus polonais tandis que des Polonais expulsés par les Soviétiques de la moitié orientale de la Pologne venaient s’y installer. Ces déménagements, souvent traumatisants, sont aujourd’hui encore source de ressentiments entre les voisins dans la région frontalière.

Mais doucement l’histoire fait son chemin et, avec l’élargissement de l’Europe en mai 2004 puis de l’espace Schengen en décembre 2007, les coopérations se multiplient entre les deux rives.

Pont en ruine sur l'Oder-Neisse (photo Charlotte Noblet)


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