Bienvenue à Vilnius, future capitale culturelle de l'Europe

Vue depuis le château de Gediminas sur les toits et églises de la vieille ville (photo Louis-Cyril Tharaux)Vilnius va se réveiller avec mission de prestige à accomplir. Elle a en effet été choisie pour incarner la capitale culturelle européenne 2009. Un rôle d’ambassadrice que la première Dame de Lituanie se prépare à endosser avec fierté, énergie, et sens du défi.


La plus occidentale des trois capitales baltes se situe au sud-est du pays, cernée par les forêts, au confluent de la Néris et de la Vilnia. Fondée en 1323, la ville possède une architecture parmi les mieux conservées d’Europe, ce qui lui vaut aujourd’hui d’être classée au Patrimoine Mondial de l’Unesco. Bien dans sa peau d’Européenne, naturelle, grouillante de vie jusque tard dans la nuit, en perpétuelle modernisation depuis que La Lituanie a recouvré son indépendance au printemps 1990, Vilnius s’impose jour après jour comme une escapade obligée pour les touristes du monde entier.

Fidèle à ses clochers

Vue depuis le château de Gediminas sur les toits et églises de la vieille ville (photo Louis-Cyril Tharaux)Toute visite de Vilnius débute par une montée jusqu’au château de Gediminas, dans le nord-Est du centre-ville. C’est en effet au sommet d’une colline que le grand-duc Gediminas fit construire à la fin du XIIIe siècle sa forteresse. La tour octogonale en briques rouges, son vestige majeur, accessible chaque jour par un funiculaire, offre aux touristes un point de vue imprenable sur les toits de tuiles et les façades colorées.

La Cathédrale Saint-Stanislas, l'un des symboles de la cité grand-ducale (photo Louis-Cyril Tharaux)En contrebas, au pied du Gedimino Prospektas, sorte de Champs-Elysées locaux, la Cathédrale Saint-Stanislas en impose. Le coeur historique compte une trentaine d’autres clochers remarquables. L’Eglise Saint-Anne, par exemple, que Napoléon aurait rêvé de vouloir rapporter en France "dans sa main", lors de sa halte sur la route de la Russie. Pas évident dans la main…

La Porte de l'Aurore, lieu de pèlerinage unique (photo Louis-Cyril Tharaux)Plus au sud, apparaît l’Eglise orthodoxe russe du Saint-Esprit, batie au XVIe siècle, dans laquelle icônes et dorures illustrent de mille feux le style baroque authentique. A cent mètres de là, se dresse un sanctuaire unique, connu de tous les catholiques. Il s’agit de la célèbre Porte de l’Aurore (Ausros Vartu), surmontée depuis le XVIIe siècle d’une chapelle vouée à Notre-Dame de la Miséricorde.

Terre balte du Yiddish

Poursuivez cette promenade confessionnelle quelques rues plus haut, vers Hôtel de Ville. C’est là, autour de la place Rotuses et de la rue Zudu, où deux plaques le commémorent, qu’était établi le Quartier juif. On ne peut évidemment pas conter Vilnius sans évoquer sa relation particulière avec le judaïsme. La communauté juive représentait jusqu’aux années 1930 plus de 40% de la population. Le quartier d’alors était dominé par une synagogue de 3.000 m², un théâtre, et y régnait une vie paisible.

Un bien-être qui ne dura pas, hélas, atrocement anéanti par la barbarie nazie. Des 80.000 Juifs qui vivaient à Vilnius en 1939 ne demeuraient après 1945 que quelques milliers de survivants de l’Holocauste. Beaucoup de nos jours, au sein de cette communauté qui tente de se reconstruire, formulent le vœu que la ville redevienne la capitale symbolique du yiddish, celle qu’on appelait jadis la "Jérusalem du Nord".

Uzupis, la bohême

Au menu d’un séjour à Vilnius figure aussi un passage par lUniversité, établie en 1579 par les Jésuites. C’est l’une des plus anciennes d’Europe centrale et orientale. Elle est réputée pour son enseignement comme pour son patrimoine bâti. Elle abrite 13 facultés reliées entre elles par d’étonnantes cours intérieures, une superbe bibliothèque et un observatoire astronomique, qui fut le 4e à voir le jour dans le monde.

Bienvenue à Uzupis, ce district hors du temps, république bohême (photo Louis-Cyril Tharaux)Depuis les bancs de la fac et les alentours du palais présidentiel, faîtes route vers l’Est et sortez légèrement du centre. Franchissez la Vilnia et débarquez à Uzupis ! Ce district est à Vilnius ce que Montmartre est à Paris : un mythe. Ces deux ilôts bohèmes sont d’ailleurs jumelés depuis dix ans. Plus qu’un simple quartier, Uzupis est une république (!) de 7.000 citoyens, avec sa constitution volontairement décalée, sa monnaie (l’Eurouze), etc… C’est un territoire où arbres peints, maisonnettes, ateliers et cafés vivent en harmonie, un lieu où humour et solidarité sont les valeurs maîtresses. Pour passer la frontière, nul besoin de passeport, seul suffit…un sourire.

Pour clore la balade à travers les rues pavées une halte s’impose au Musée de l’ambre (

www.ambergallery.lt
) Souvent nommé l’or lituanien, l’ambre est, à l’égal du chêne et de la cigogne, l’un des emblèmes forts de la nation. En parcourant la galerie de la rue Mykolo, vous en apprendrez davantage sur la formation, la couleur, et les vertus de ce joyau.

Les pieds sous la table...

Marcher, ça creuse, alors, que diriez-vous de casser la croûte ? La cuisine lituanienne sent bon le terroir. La pomme de terre, le choux, tomates et concombres accompagnent de multiples mets tels que les Karbonadas, pièce de porc frite et panée, ou le Kepsnys, plat de bœuf apprécié. La gastronomie locale, c’est aussi les Cepelenai (quenelles de pomme de terre fourrées de viande ou de fromage), la Salti barciai, soupe de betteraves, sans oublier le Midus, alcool à base de miel.

Il existe à Vilnius des restaurants pour tous les budgets, pour tous les goûts, Munissez-vous à tout prix du guide Vilnius in your pocket, 5 Litas seulement (soit 1,50 euro). Vous aurez alors le choix des cartes. Voici d’ores-et-déjà trois noms de tables réputées : Zemaiciai, Lokys (cuisine lituanienne), et Les Amis (cuisine française).

Où passer la nuit ?

Il est heureusement bien révolu le temps où les voyageurs étaient contraints de dormir dans des établissements choisis par le Kremlin. Depuis son Indépendance, la Lituanie a totalement rattrapé son retard en matière d’hébergements et n’a plus rien à envier à ses voisines européennes. Ainsi, on recense dans le pays quatorze chaînes hôtelières internationales, mais aussi une multitude de Bed & Breakfast, d’appartements à louer à la nuit, et de campings. A Vilnius, le parc hôtelier dispose de chambres classées du 2 au 5 étoiles.

Parmi les enseignes de standing (entre 60 et 180 euros), citons le Novotel (Gedimino 16), le Radisson SAS (Didzioji 35) et le Ramada (Subaciaus 2). Vous trouverez comme hôtels convenables et bon marché (entre 30 et 60 euros) le Jeruzale (Kalvariju 247), le Victoria (Saltoniskiu 56), et le Zemaites (Zemaites 15).

Escapade obligée à Trakaï

Trakaï, et la magie opère... (photo Louis-Cyril Tharaux)Trakaï …et la magie opère. A 30 km à l’ouest de Vilnius, sur un îlot posé au milieu d’un lac, surgit comme dans un conte une forteresse médiévale à couper le souffle. Bienvenue à Trakaï, l’ancienne capitale de Lituanie, devenue célèbre sous le règne de Vytautas puis de Gedyminas. Ces grands-ducs en firent une citadelle multiconfessionnelle (avec l’arrivée des Juifs Karaïtes) et cosmopolite. Ce phénomène de regroupement était jadis unique sur le continent. Le château est ouvert tous les jours de 10h à 19h (3 euros par adulte; 1,50 Litas par enfant, et un supplément est demandé pour prendre des photos dans certaines pièces).

Se promener autour du plan d’eau, c’est aussi s’adonner à la pêche, à la baignade, à la voile, et avoir la chance d’assister en été à un concert de musique classique.

Des bus et des trains assurent la liaison avec Vilnius toutes les heures, voire chaque demi-heure en haute saison. Inconvénient si vous poursuivez à pied, il faut marcher 2 km depuis la gare pour accéder au château. En longeant le rivage, c’est plus plaisant qu’en descendant l’artère principale du nouveau Trakaï, plutôt triste et clairsemée.

Pour en savoir plus

Avant votre départ

  • A Bruxelles : Ambassade de Lituanie, rue Maurice Liètart, 48 - 1150 Bruxelles.
    Tél. +32 (0)2 772 27 50 - e-mail : 
    info@lt-embassy.be
  • A Paris : Office lituanien du Tourisme, 72 rue Pierre Demours - 75017 Paris.
    Tél/fax +33 (0)1 46 22 53 84 - e-mail : 
    infotourlituanie@orange.fr
     - site web : 
    www.infotourlituanie.fr

Comment s’y rendre

La solution la plus pratique et la plus rapide pour vous rendre à Vilnius depuis la Belgique et la France est sans conteste l’avion. Brussels Airlines (

www.brusselsailines.be
) et la compagnie lituanienne FlyLal (
www.flylal.com
) assurent des liaisons quasi quotidiennes depuis Bruxelles et Paris. Entre 2h20 et 2h45 le temps de vol respectif, tarifs compétitifs.

Aucun visa n’est plus nécessaire.

Renseignements sur place

  • Tourist Info Center (TIC), Vilniaus St.22 
    Tél. (+370) 5 262 96 60 - e-mail : 
    tic@vilnius.lt

Monnaie

Le Litas (LTL) est redevenue la monnaie officielle du pays au début des années 90, après 50 ans d’occupation soviétique et l’usage obligé du rouble. Taux de change moyen : 1 Euro = 3,45 Litas. Membre de l’Union Européenne depuis le 1er mai 2004, la Lituanie devrait passer à l’euro en 2010.

Exemples de prix : Déguster la cuisine locale dans un restaurant convenable (25 LTL), un menu fast-food (10 LTL); un ticket de bus Vilnius-Trakaï (4 LTL); un litre d’essence SP (3,45 LTL); une heure d’Internet dans un cybercafé (8 LTL).

Louis-Cyril Tharaux


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