Belfast a vaincu ses démons et pris goût au tourisme

Mur à BelfastElle aurait pu sombrer, comme le Titanic qu’elle a vu naître dans ses cales. Mais après plus de 30 ans d’un sanglant conflit communautaire et religieux, Belfast a plébiscité l’adieu aux armes. Sur les bords de la Lagan, la capitale d’Irlande du Nord (Ulster) aspire aujourd’hui à vivre comme ses voisines d’Europe occidentale.


En dépit de divisions territoriales persistantes dans l’ouest de la ville, caractérisées par la présence de "peace lines" faussement rouverts, par certains lieux de cultes encore grillagés, et par un rideau de béton et de fer qui dit-on n’a jamais cessé de prendre de la hauteur, la vie à Belfast, depuis plus de 10 ans, a pris le dessus sur la terreur. Le processus de paix amorcé le 10 avril 1998, puis réaffirmé en 2005, semble avoir sonné le glas des sections paramilitaires, et restauré en apparence la tolérance et la sérénité.

Mémorial du tourisme

Ironie du sort, ce lit de déchirures offre désormais à la jadis nommée "Béal Feirste" sa plus belle carte de visite. On estime en effet à 500.000 le nombre de touristes ayant parcouru l’an dernier, à bord des "black taxis" ou à pied, les quartiers de Shankill (protestant) et de Falls (catholique).

Belfast (photo Louis-Cyril Tharaux)

Besoin d’être là, de témoigner, de photographier les murals, ces fresques rappelant la propagande des années de plomb. Désir de parcourir Larnak Way et Nothumberland Street qui matérialisent hélas encore, en dépit de vastes projets immobiliers, la cruauté d’un no man’s land. Ou tout simplement, envie de joindre leur signature à celle du Dalaï Lama, de Bill Clinton et de dizaines de milliers d’anonymes sur le "Mur de la Paix".


Belfast, 300 000 habitants (700 000 pour l’agglomération), attire les curieux, les passionnés d’histoire contemporaine, les amoureux des musées, des monuments nationaux, et des belles demeures. Au rang des balades incontournables, nous vous suggérons de vous arrêter à l’Hôtel de Ville, édifice somptueux d’influence édouardienne, tout en arrondi, surmonté d’un dôme, érigé en 1906 en pierre de Portland. Son square et sa grande roue constituent un havre de détente sans pareil.

Belfast (photo Louis-Cyril Tharaux)

Big Fish et le Titanic

Lors d’un court séjour, programmez également le Palais de Stormont, siège du Parlement, le surprenant Belfast Castle et son parc d’aventures pour petits et grands.  Couvrez-vous et pénétrez dans le monastère Clonard, œuvre de style gothique, qui abrita durant les bombardements de la seconde guerre les femmes et enfants des alentours.

Passez ensuite au jardin… botanique, où vous attendent une multitude d’arbres et plants de fleurs exotiques. N’oubliez pas de faire un saut en amphithéâtre, à deux pas de là, pas pour un cours magistral, mais pour admirer l’architecture de la Queen’s University, l’une des plus anciennes institutions scolaires d’Irlande.

Belfast (photo Louis-Cyril Tharaux)

Les attractions à Belfast, ce sont aussi la tour Albert, surnommée la Tour de Pise britannique, le marché Saint-Georges, l’une des halles victoriennes parmi les mieux conservées du Royaume-Uni. Vous allez adorer Big Fish, poisson géant, symbole local façonné en mosaïque bleue, long de 10 mètres, sculpté pour célébrer le retour du saumon dans les eaux de la Lagan. Enfin, le must des découvertes, de l’insoupçonné devrait-on dire, se trouve sur l’île royale. C’est ici, dans les docks, que fut construit le légendaire Titanic au début du siècle dernier. L’heure et demie de visite commentée suscite l’intérêt des voyageurs du monde entier. Mettez quand même une petite laine…

Shopping et vie nocturne

Si Belfast connaît un succès grandissant, c’est car elle est aussi le paradis du shopping, un Londres format de poche, où les plus grandes enseignes de mode, de luxe, et de restauration ont pignon sur avenues. Deux grands centres commerciaux distants de dix minutes de marche cernent le secteur piétonnier. Il s’agit de Castle Court, sur Royal Avenue, et du flambant neuf Victoria Square, que l’on repère aisément par sa coupole de verre. Comme dans la plupart des métropoles occidentales, ces temples de la consommation sont pris d’assaut du matin au soir, dimanche compris (mais après la messe).

Enfin, difficile de conter la métropole nord irlandaise sans humer l’atmosphère de ses soirées, de ses nuits. Ses rues et passages regorgent de bonnes adresses pour vivre la convivialité, dîner, commander une pinte de Guinness et danser jusqu’à l’aube.

La programmation culturelle, enfin, est éclectique, internationale, à l’image du Festival du film, de la Semaine de la rose, ou du Marathon (voir ci-dessous). L’agenda artistique soigne les bleus à l’âme et contribue chaque jour à faire parler de l’Ulster en pages loisirs… et non plus en pages faits divers.

Belfast (photo Louis-Cyril Tharaux)

Louis-Cyril Tharaux

Agenda culturel

  • 17 mars: Célébration de la St Patrick
  • Mars-avril: Festival du Film de Belfast
  • 4 mai: marathon de Belfast
  • Juillet: Semaine internationale de la rose
  • Septembre: Last night of the Proms (spectacle de musique classique)
  • Fin octobre - début novembre : Grand festival des Arts

Comment s’y rendre?

La compagnie Lufthansa propose des A/R Bruxelles-Belfast à partir de 240 euros ; depuis Paris Charles De Gaulle, c’est la low-cost Easyjet qui propose le meilleur tarif, à partir de 80 euros.

Avant de partir : N’hésitez pas à consulter le site www.gotobelfast.com, qui sera de bon conseil pour préparer votre voyage. Jetez un œil également sur le www.visitnorthernireland.com pour un séjour prolongé en Ulster.

Renseignements sur place

Belfast Welcome Centre ; 47 Donegall Place, ouvert du lundi au samedi de 9h à 19h et le dimanche de 12h à 17h. Fax : +44 (0) 28 9031 2424. Il existe également un point infos à l’aéroport international.
 


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