Etes-vous aviophobe?

AviophobieDe plus en plus de personnes voyagent en avion avec des destinations lointaines clairement privilégiées. Pas évident pour tout le monde de monter dans un avion... surtant quand les accidents se succèdent Beaucoup de personnes souffrent en effet d’aviophobie. Chez certains, cette peur se limite à un sentiment désagréable mais d’autres ne monteraient dans un avion pour rien au monde.


L’angoisse est un mécanisme de défense et, dans certaines situations, elle peut même sauver une vie. Le corps se met en état d’alerte. Quand la crainte est infondée ou irrationnelle, on parle de phobie. Quelqu’un qui n’ose plus rentrer dans une pièce après y avoir vu une petite araignée tant qu’elle n’a pas été tuée souffre d’une phobie: l’arachnophobie dans ce cas-ci. Une simple petite araignée ne peut faire aucun de mal à un être humain, la peur est donc infondée. La peur de l’avion fonctionne selon le même schéma.

Nous avons tous dans notre entourage une personne qui a peur de l’avion. On estime le nombre d’aviophobes à plus d’un quart de la population belge. Dennis Bergkamp, la vedette du football néerlandais et l’un des aviophobes les plus connus. Sa peur presque légendaire de l’avion lui a valu le surnom de "non-flying Dutchman" parmi les supporters du club Arsenal. Dennis Bergkamp restait généralement dans son pays, sauf si un trajet en avion était inévitable comme pour la Coupe du Monde 1994 aux Etats-Unis. Sinon, il effectuait tous ses déplacements en voiture.

J’ai moi-même dans ma famille plusieurs exemples d’aviophobie. Mon père, par exemple, n’a encore jamais pris l’avion et ne le fera jamais. Il n’aime d’ailleurs pas non plus voyager par bateau. Mon frère souffre lui d’une forme plus légère d’aviophobie mais est capable de la surpasser.

Une angoisse irrationnelle

La peur de l’avion est donc une phobie très répandue, tout comme l’agoraphobie (la crainte des espaces ouverts, des lieux publics), l’acrophobie (la peur du vide), et la peur des araignées. Les causes de ces phobies sont diverses et le fait de les connaître est le premier pas vers la guérison.

Chez certaines personnes, l’aviophobie peut découler de la claustrophobie ou de l’acrophobie. D’autres subissent l’angoisse injustifiée d’avoir un accident d’avion. Elles ne peuvent s’empêcher de penser aux avions qui s’écrasent et aux catastrophes comme celle du Bijlmermeer il y a quelques années. On constate pourtant que, statistiquement, les avions sont un des moyens de transports les plus sûrs et que les probabilités sont plus grandes de perdre la vie dans un accident de la route. Cette angoisse est donc irrationnelle. Les attentats du 11 septembre 2001 ont encore renforcé ce sentiment d’anxiété.

Beaucoup de personnes ne supportent pas de n’avoir aucune emprise sur l’avion. Elles préfèrent aussi généralement conduire leur véhicule plutôt que d’être passager parce que ça leur donne l’impression de tout contrôler. Le stress joue aussi un rôle dans de nombreux cas. L’état de stress causé par les préparatifs et le départ peut avoir son importance. De plus, certaines personnes craignent pour leur état de santé, comme les cardiaques. Et si on était malade pendant le voyage? La différence de pression peut-elle être dangereuse? N’y a-t-il pas d’épidémie dans le pays où l’on se rend? Ne risque-t-on pas d’avoir une thrombose si on reste assis trop longtemps? De telles inquiétudes peuvent aussi être à l’origine de la peur de l’avion.

Finalement, l’aviophobie peut être le résultat de mauvaises expériences. Lors d’un vol que j’ai effectué entre Moscou et St-Petersbourg, un tiers des passagers ont été incommodés à cause des violentes turbulences pendant l’atterrissage. Il est difficile de garder son sang-froid au milieu de dizaines de passagers qui vomissent mais, en fait, tout s’est bien terminé. De telles turbulences ne se produisent qu’extrêmement. Certains passagers étaient pourtant effrayés à l’idée de reprendre l’avion quelques jours plus tard pour rentrer chez eux.

Les aviophobes se plaignent généralement de maux physiques et/ou psychologiques. Ces maux ne se manifestent pas toujours, ni chez tout le monde. Cela dépend entre autres de l’ampleur de l’angoisse. Les symptômes physiques sont par exemple des tremblements, des frissons, une transpiration excessive, des difficultés à respirer, des problèmes d’estomac, des palpitations, des vertiges, un sentiment d’oppression, des nausées, des difficultés à s’endormir et cela des jours avant le départ,… Sur le plan psychologique, l’aviophobie se manifeste généralement par des névroses obsessionnelles, de l’agitation, du stress, des crises de paniques,…

La peur de l’avion n’est donc pas une partie de plaisir et le fait que l’entourage ne comprenne généralement pas l’aviophobe n’arrange pas les choses. Les aviophobes se sentent souvent isolés.

Traitement et prévention

Il existe des thérapies et des exercices spéciaux contre l’aviophobie. Si la peur de l’avion s’accompagne de claustrophobie ou d’acrophobie, elles seront traitées en même temps. La plupart des exercices commencent par des renseignements sur les risques de l’avion. On apprend aussi à gérer le stress. On peut diminuer le stress en consacrant suffisamment de temps à la préparation du voyage. Si le stress est lié à des problèmes de santé potentiels, on peut toujours demander conseil à son médecin.

Les calmants peuvent parfois soulager mais il faut tenir compte des effets secondaires. Après tout, ils entraînent la somnolence et dormir longtemps sans bouger peut être très dangereux à cause de la formation de caillots sanguins. C’est pourquoi la plupart des médecins déconseillent ce genre de médicaments. Certains se tournent alors vers l’alcool, ce qui peut fortement perturber la tranquillité des autres voyageurs. Des passagers saouls sont régulièrement évacués tant au départ que lors des liaisons. Avec toutes les conséquences que cela entraîne…

Paul Willems

        


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