La Porte de Hal

Lorsque les voitures empruntent la petite ceinture bruxelloise en surface, les enfants demandent quel est ce château quelque peu effrayant. C’est la fameuse Porte de Hal, anciennement la Porte d’Op Brussel. Cet ouvrage de défense fut aussi prison, réserve de blé, temple luthérien, dépôt d’archives.


Côté Bruxelles, l'aspect original de la Porte de HalLe 17 août 1356 ie comte de Flandres, Louis de Male s’empare de Bruxelles, mal protégée par une enceinte du XII* siècle. Après la délivrance de la ville par Evrard ’t Serclaes, les édiles décident de construire un nouveau rempart afin d’en renforcer les défenses. Le projet est d’ampleur : 7500 mètres de muraille défendue par 72 tours et percée de 7 portes fortifiées. En 1379, il est pratiquement terminé, a 1’exception d’un troncon du cóté sud, faute de moyens financiers.

En l’absence d’archives, il est difficile de préciser la date de construction de la Porte de Hal, mais on peut la situer entre 1357 et 1373. La position de la Porte de Hal, dite Porte d’Op Brussel, semble déterminée par la présence d’un affleurement rocheux dans une zone de sables instables. Contrairement è la légende elle n’a pas été construite sur pilotis!

Côté Saint-Gilles, l'aspect original de la Porte de HalComme en témoigne la forme de certaines meurtrières, les armes a feu faisaient déja partie de son arsenal. Mais si sa maconnerie est è toutes épreuves, sa position stratégique est faible, elle peut être facilement attaquée de différents cötés. L’évolution de l’art de la guerre entraïne tres rapidement sa démilitarisation, en 1464. Ses diverses affectations successives, en tant que prison, réserve de blé, temple luthérien, dépót d’archives, sont à l’origine de plusieurs campagnes d’aménagement.

A diverses reprises Ie bâtiment servit de prison; c’est ce qui lui valu d’être épargné lorsque 1’empereur  Joseph II ordonna de démolir Ie rempart à la fin du XVIIIe siècle. Souvent la conservation de la Porte de Hal fut remise en cause, et bien des fois son sauvetage n’a tenu qu’a un fil. L’aspect de la Porte a été modifié au cours des siècles aussi bien a l’intérieur qu’a l’extérieur. Nous en connaissons de nombreuses représentations sur des plans, cartes, gravures et dessins dont les plus anciens remontent au XVIe siècle.

Les transformations du XIXe siècle

Coupe longitudinale de la Porte de HalEn 1839, on propose de faire du batiment un musée. L’utilisation d’un ouvrage militaire en musée ne va pas sans d’importantes transformations: il faut penser commodité des acces et qualité de l’éclairage. De plus, en 1840 Ie boulevard et Ie début de la rue Haute sont surélevés de 3 mètres, ce qui rend Ie passage charretier impraticable.

En 1860, Henri Beyaert est chargé de la transformation définitive de la Porte en musée. L’architecte concoit sa mission comme une recréation a partir des structures existantes qui restent visibles dans les étages inférieurs. Beyaert ajoute une facade neuve, pourvue d’une tour qui abrite un monumental escalier a vis. II choisit de surélever Ie monument en Ie dotant d’un chemin de ronde et d’un grenier dont la splendide charpente soutient une toiture pittoresque. La restauration, qui restitue sa hauteur au batiment, concilie les nouvelles exigences de l’aménagement d’un musée avec l’idée romantique que l’on se faisait d’une construction médiévale en cette fin de XIXe siècle.

Le dégagement des structures médiévales

Le bâtiment, classé en 1990, fait l’objet de recherches archéologiques en 1991. Les structures anciennes sont étudiées et les enduits modernes ôtés, laissant réapparaftre au jour des éléments médiévaux tout a fait intacts. Du côté de Saint-Gilles, le système défensif de l’ancienne entree est aisément reconnaissable. Dans la facade, on voit les ouvertures qui laissaient passer les chaïnes au moyen desquelles on manoeuvrait herse et pont-levis depuis la salie du premier étage. De chaque côté de la construction, dans l’épaisseur du mur, se trouvent les cages d’escalier médiévales.

La salie du 1er étage conserve encore la plupart de ses structures originelles. Les colonnes et pilastres sans chapiteau font de cette construction l’un des témoins les plus typiques de l’architecture gothique flamboyante. La Porte de Hal est le seul exemple conserve de cette architecture remontant au-delà du dernier quart du XIV siècle.

  • La Porte de Hal sur le site des Musées royaux d'Art et d'Histoire

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Source : Françoise Putman, Service des Publics de la Porte de Hal  


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