Quoi, mon tour de taille!

Mètre rubanProblème de santé pour les uns, question esthétique pour les autres, le surpoids menace les Belges. Un adulte belge sur 3 présente un excès de poids et 1 adulte sur 10 est obèse selon l’enquête nationale de consommation alimentaire. Et si nous nous préoccupions de notre tour de taille ? Sait-on d'ailleurs que cet excès de graisse autour du ventre est réversible ?


L’espérance de vie, qui connaît une croissance continue depuis 200 ans, sera stoppée, voire inversée, par l’évolution du problème de la surcharge pondérale. Pour les spécialistes de la santé réunis aujourd’hui , il devient urgent de faire autrement !

L’enquête menée par IPSOS auprès de 1.000 adultes belges montre qu’1 Belge sur 4 ignore que la masse grasse peut être dangereuse pour la santé. Parmi ceux qui sont conscients de cette menace, près d’1 Belge sur 2 (46%) ignore que c’est sur le ventre que cette masse grasse est dangereuse. Plus de la moitié des Belges (54%) ne connaît pas les valeurs seuils du tour de taille.

Le régime reste la 1re solution envisagée, par 44% de la population. Pourtant l’enquête démontre aussi les limites de ces régimes: 27% des Belges seulement déclarent avoir rencontré un succès de perte de poids durable . Et plus de 30% des Belges (32%) ont déjà connu au moins 1 fois le phénomène du yoyo. Un phénomène encore plus présent chez les personnes affichant un surpoids : plus de la moitié d’entre eux (51%) sont concernés par le yoyo. Enfin, seuls 10% mentionnent la consultation d’un médecin comme solution.

Laisse mes mains sur tes hanches !

Pour estimer la masse grasse d’un individu à partir de son poids et de sa taille, on calcule son

Indice de Masse Corporelle (IMC)
. Pour rappel, il se calcule en divisant le poids corporel (en kg) par la taille (en mètre) au carré (kg/m2). Selon la classification en vigueur, on parle d’obésité lorsque l’IMC est supérieur à 30, on parle de surpoids lorsque l’IMC est compris entre 25 et 30.

Mais l’IMC ne prend pas en compte la répartition de la graisse dans le corps. Or cette répartition n’est pas neutre pour la santé. Ainsi, un tour de taille plus grand ou égal à 80 cm chez la femme, et à 94 cm chez l’homme, indique un risque accru pour la santé. L’accumulation de graisse au niveau du ventre (qui se situe entre les organes) perturbe le métabolisme des graisses et du sucre et peut être à l’origine d’une augmentation du risque cardiovasculaire. Cette graisse abdominale est associée à un risque accru de diabète. Enfin, elle perturbe l’équilibre des graisses : elle augmente les triglycérides et diminue le HDL cholestérol (ou le "bon cholestérol"). Le tour de taille est un véritable signal d’alerte. Mais l’enquête montre que plus d’1 Belge sur 2 l’ignore, précise le Professeur Colin.

Les limites des solutions

Pour 44% des Belges, le régime reste la solution pour réduire ce tour de taille, derrière le sport à 30%. Or les régimes seuls sont loin d’avoir fait leur preuve.

Les résultats de l’enquête IPSOS sont éloquents à ce propos : plus de 30% des Belges ont déjà connu au moins 1 fois le phénomène du yoyo (alternance de gain et de perte de poids suite à des épisodes de régime). À noter que parmi les Belges qui affichent un IMC supérieur à 25 (en surpoids), ce pourcentage monte à plus de 50%: près d’1 Belge sur 2 affichant un surpoids a déjà expérimenté le yoyo. Enfin, seuls 27% des Belges ont rencontré un succès de perte de poids durable.

Et le médecin dans tout ça ?

Seuls 10% des Belges envisagent la consultation d’un professionnel de la santé comme solution. Et quand on interroge les Belges sur le rôle souhaité du médecin généraliste, plus de 60% des Belges attendent qu’ils leur conseillent un régime. Seuls 8% des Belges mentionnent la prescription d’un traitement médicamenteux.

Or les médecins ne reçoivent pas de formation en diététique en Belgique, précise le Dr Staessen. Par contre, ils peuvent référer leurs patients vers un diététicien. Rappelons que le rôle du médecin généraliste est double : traiter les maladies liées au surpoids et encadrer une perte de poids aux objectifs réalistes qui s’inscrive dans le long terme. Il accompagne son patient dans une modification de son style de vie (rééquilibrer son alimentation et abandonner une vie trop sédentaire). Les spécialistes de la santé parlent de la mise en place d’une approche multidisciplinaire. En parallèle à cela, le médecin peut prescrire un traitement médicamenteux qui viendra en soutien de la modification du style de vie, indique le Dr Staessen.

La campagne montourdetaille.be

Face à cette situation, une grande campagne belge d’information a été lancée en mai 2007. Elle invite les Belges à mesurer leur tour de taille. En cas d’excès de graisse autour du ventre, le médecin a des solutions.

Le ton de la campagne se veut à la fois éducatif et positif, car trop de personnes en surpoids ne savent plus à quel saint se vouer: elles ont tout essayé et sont découragées. Toutes font figure de champions de la prise en charge, mais malheureusement sans résultats, comme le reflètent très bien l’enquête. Il est grand temps de balancer la balance, de mesurer son tour de taille et d’aller chez son médecin pour arrêter la course sans "fin" après des objectifs irréalistes. Des solutions existent, elles sont définies par des lignes de conduites très claires, chez le médecin. Il fera aussi le tri des nombreuses méthodes qui n’ont prouvé ni sécurité, ni efficacité. La vigilance doit en effet rester de mise pendant cette période, commente Jean-Paul Allonsius, Président fondateur de l’association Bold.

Le cœur de la campagne est un site web,

www.montourdetaille.be
. Sur ce site, une vidéo montre comment mesurer son tour de taille correctement. C’est une mesure très simple à réaliser avec un mètre ruban. Si votre tour de taille est supérieur à 94cm pour les hommes, et 80 cm pour les femmes, allez consulter votre médecin. Il vérifiera l’impact de cette mesure sur votre santé. Il vous proposera des solutions pour diminuer votre tour de taille et ainsi améliorer votre profil santé, commente le Professeur Colin.

Robert Derumes

A lire aussi...

  • Une meilleure connaissance de l'obésité
  • Leur poids menace les Belges
  • Perdre du poids, un geste important pour sa santé
  • Un premier guide pratique pour un poids correct
  • L'obésité ne doit pas être traitée... à la légère !
  • Les gros se rebellent !

Partager







© Vivat.be 2014

Contact | Qui sommes nous?