Plus d'un Belge sur dix souffre de la migraine

Ligue belge contre les céphaléesLa migraine, une forme sévère de céphalée, peut frapper à n’importe quel moment et largement perturber la vie sociale et professionnelle. En apprenant à "gérer" correctement la migraine, les personnes qui en souffrent peuvent en diminuer considérablement l’intensité et la fréquence.


La migraine se caractérise généralement par des maux de tête unilatéraux ressentis comme des pulsations et liés à des nausées et/ou une sensibilité à la lumière. Une crise dure de 4 à 72 heures et peut être tellement dominante qu’elle paralyse complètement les activités quotidiennes.

Les femmes restent les plus touchées : environ 15 % des femmes belges ont la migraine. Mais les hommes (environ 6 %) et les enfants ne sont pas épargnés. La migraine peut peser lourd. L’OMS classe la migraine dans le top 20 des maladies qui ont un impact retentissant sur la qualité de vie. Et en Flandres et à Bruxelles, plus d’un million de jours de maladie par an sont à imputer à la migraine.

Idées fausses

Des idées fausses sur la migraine circulent dans le grand public, ce qui conduit à des problèmes de migraine plus fréquents et plus intenses. De nombreux patients essayent par exemple de maîtriser leurs crises de migraine en prenant des antidouleurs aigus, sans suivi médical. Ils font appel au médecin quand l’intensité et la fréquence des crises augmentent.

De nombreux patients attendent souvent trop longtemps avant de faire appel à un médecin pour soigner leurs migraines. Ils essayent de maîtriser eux-mêmes les crises en prenant des antidouleurs. Les antidouleurs soulagent la douleur, mais ne s’attaque pas aux causes. Ceux qui prennent des antidouleurs plus de 2 jours par semaine courent en outre le risque de souffrir de maux de tête chroniques, explique le Dr M. Vandenheede, neurologue de la Clinique des Céphalées à la Clinique de l’Espérance à Montegnée. Egalement président du Belgian Headache Society, il poursuit : Il est important que le patient tienne un calendrier régulier de ses migraines, afin de déterminer l’incidence et le rythme des crises, afin de pouvoir instaurer un traitement (préventif) approprié le plus précocement possible. L’objectif est de diminuer le recours aux antidouleurs ainsi que le risque de voir apparaître une céphalée de plus en plus fréquente sur abus d’antidouleurs.

Un traitement adéquat

Si, aujourd’hui, les connaissances relatives à la maladie s’étendent sans cesse grâce aux nouvelles techniques de recherche et, par conséquent, permettent d’entamer des traitements de plus en plus appropriés, les médecins continuent à insister sur le fait que le comportement du patient est capital pour un traitement adéquat.

Les patients consultent souvent suite aux articles parus dans la presse sur les nouveaux traitements de la migraine. Un traitement au Botox, la neurostimulation, la fermeture d’un petit trou dans le cœur, etc. Certaines de ces techniques sont prometteuses mais il reste toutefois du chemin à parcourir. (…) Le plus grand défi actuel est de pouvoir donner aux patients des traitements généralement acceptés et connus. À la polyclinique des céphalées, nous voyons souvent des patients souffrir de véritables syndromes de céphalées. La cause ? Ils ont essayé de soigner eux-mêmes leurs maux de tête en ingérant des antidouleurs aigus. Apparaissent alors des maux de tête chroniques qui auraient pu être évités. souligne le Prof. Dr. K. Paemeleire, neurologue à la Polyclinique des céphalées à l’UZ Gent, vice-président de la Belgian Headache Society.

Robert Derumes

                

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