Noter son docteur?

Illustration du site De MedicaDans le web 2.0, chacun "participe" en commentant, cotant, évaluant. Mais évaluer un article est une chose, coter son médecin en est une autre ? Que penser de cette nouvelle pratique ?


Ce service de notation a été lancé par la société De Medica en France, en Belgique et au Luxembourg. Son site web propose aux internautes d’attribuer une note de 1 à 5 à leur médecin sur 4 critères : ponctualité, accueil, dialogue et satisfaction; ils peuvent également ajouter un commentaire libre.

En fait, le site "cible" plus que les médecins (généralistes ou spécialistes) puisque sont également évalués les kinés, dentistes, infirmières, sages-femmes, pharmaciens,... 350.000 praticiens sont référencés sur ce site francophone (mais ils sont évidemment loin d'être tous notés !).

Les promoteurs de l’initiative prennent leurs précautions en indiquant: Bien entendu, ces notes sont purement subjectives n’ont pas la prétention d’avoir une valeur scientifique. Elles ne sont que le reflet du sentiment des patients, et dépendent de beaucoup d’autres choses que de la seule compétence médicale du praticien. Des éléments tels que la faculté d’écoute et d’explication ainsi que la propreté des locaux sont notamment pris en compte.

L’argumentaire de De Medica

L’iitiative sera sans doute critiquée par les professionnels. De Medica a déjà développé son argumentaire et indique : Serait-il encore normal, à l’heure d’aujourd’hui, de devoir continuer à demander à son entourage proche pour avoir les coordonnées d’un bon dermatologue ou d’un infirmière ? Surtout que les recommandations reçues ne dépendent souvent que d’un seul avis, parfois indirect, et qui ne concerne pas forcément le problème pour lequel on souhaite consulter.

Il paraîtrait que le système serait à l’avantage du patient . Selon De Medica, son service multiplie la puissance du bouche-à-oreille, en favorisant les meilleurs au détriment des moins bons. Et le bouche-à-oreille n’est-il pas la meilleure des publicités ?

On peut quand même légitimement se demander comment un praticien de la santé qui serait pris à partie pourrait faire valoir son droit à la défense. La page du site web consacrée à la "décharge de responsabilité" ne rassure pas puisqu’on y lit : Chaque personne visitant le site reconnaît et accepte pouvoir être exposé à des contributions inexactes ou provocantes à son égard, placées en ligne par des utilisateurs. Toute personne visitant le site peut signaler un contenu qu’il estime inexact ou choquant à son égard en respectant la Procédure de notification. Cette personne s’engage à respecter cette procédure et reconnaît que DeMedica ne fera pas droit à toute autre forme de signalement en vue de faire retirer une contribution. 

Quoi qu’en dise De Medica, un éditeur ne peut se dédire de sa responsabilité lorsqu’il est informé que ses pages contiennent des textes contraires aux lois.

  • www.demedica.com

Philippe Allard


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