Leur poids menace les Belges

Et pourtant trois quarts (73%) des Belges perçoivent leur comportement alimentaire comme sain! Les chiffres sont là: 43% des Belges ont un poids qui menace leur santé (BMI += à 25), mais seulement 24% sont conscients de leurs excès alimentaires.


IMC ou BMI

Il sera ici question d'IMC (Indice de masse corporelle) ou de BMI (Body Mass Index). C'est la mesure qui est la plus fréquemment utilisée pour déterminer une surcharge pondérale.

Elle se calcule
en divisant le poids exprimé en kg par la taille exprimée en mètre au carré (kg/m2). Le poids de forme est celui qui correspond à un indice de masse corporelle compris entre 20 et 25. Pour un IMC compris entre 25 et 30, on parle de surcharge pondérale. Au-dessus de 30, on parle d'obésité

Chez nous

43% des Belges ont un IMC = à 25, marqueur d'une surcharge pondérale présentant des risques pour la santé. 73% sont satisfaits de leur comportement alimentaire et seulement 24% sont conscients de leurs excès.

Un Belge sur trois a le projet de perdre du poids dans les prochains mois; l'objectif moyen est une perte de 10 kilos. La balance reste "le" critère pour évaluer le poids à perdre (62%), tandis que le calcul de l'IMC - poids de forme - reste anecdotique (6%). Près d'1 Belge sur 2 associe les médicaments sous prescription pour perdre du poids aux amphétamines pourtant interdites dans notre pays. La consultation d'un professionnel de la santé pour perdre du poids n'est que très peu envisagée.

Tels sont quelques résultats de l'enquête menée en mars 2004 par l'INRA à la demande du Forum Obésité, plate-forme qui réunit tous les acteurs qui luttent contre l'obésité en Belgique.

Un phénomène

Pour être plus précis, 23% des Belges sont en situation de surcharge pondérale (IMC entre 25 et 29) et 20% sont en situation d'obésité (IMC supérieur ou égal à 30). Leur profil? Des hommes (44%), des femmes (43%), francophones (45%) ou néerlandophones (42%). Par contre, le nombre de personnes souffrant d'un poids dangereux pour leur santé semble augmenter avec l'âge: 31% ont entre 15 et 34 ans, 46% entre 35 et 54 ans, 53% ont 55 ans et plus. Un Belge sur deux en excès de poids est un citadin.

Une perception positive de nos comportements alimentaires !

Lorsqu'on interroge les Belges sur leurs comportements alimentaires, 24% seulement sont conscients de leurs excès alimentaires (quantité, trop gras ou trop sucré grignotage, comportement compulsif) tandis que 73% déclarent manger sainement. Or, bien qu'il existe des prédispositions génétiques et des mécanismes métaboliques, la principale cause des problèmes de surpoids reconnue aujourd'hui repose sur des facteurs alimentaires ainsi que sur la dépense énergétique.

A noter que les Belges conscients de leurs excès alimentaires sont plutôt des jeunes adultes: 32 % ont entre 15 et 34 ans, 26% entre 35 et 54 ans et 17% seulement ont 55 ans et plus (la tendance exactement inverse quand on compare l'âge et le BMI) . Enfin, parmi le peu de Belges qui reconnaissent leurs excès alimentaires, 22% présentent un IMC tout à fait normal!

Un Belge sur deux considère qu'un régime ne doit pas être adapté au comportement alimentaire, avec le risque d'échec et de rechute qui en découle. Inquiétant quand l'enquête nous apprend encore que la méthode privilégiée de perte de poids est précisément le régime alimentaire pour 52% des Belges ; c'est d'ailleurs la méthode la plus fréquemment utilisée, avec 15% des Belges qui l'ont déjà essayée 5 fois ou plus.

Des projets irréalistes de perte de poids

Un Belge sur trois a le projet de perdre du poids dans les prochains mois. L'objectif est ambitieux : 10 kilos en moyenne. Les Belges évaluent toujours leur perte de poids via la balance (62%). Le calcul de l'IMC n'est cité, quant à lui, que par 6% des Belges. La mesure d'un poids compatible avec un état de santé optimal - que l'IMC permet de calculer - est encore très loin d'être prise en compte par la population.

La principale entrave perçue au succès d'une perte de poids est le manque de suivi et accompagnement, citée par près de 20% des Belges. Viennent ensuite le caractère contraignant de la méthode - qui implique trop de changement dans la vie courante - et des résultats pas assez rapides.

Par contre, la consultation d'un professionnel de la santé arrive loin derrière parmi les méthodes envisagées pour perdre du poids: 25% citent l'aide d'un diététicien et seulement 19% l'aide d'un médecin.

Et les médicaments ?

Au total, 66% des Belges ont une réelle méconnaissance des médicaments sous prescription pour perdre du poids. Près de la moitié des Belges les associe encore aux amphétamines dangereuses pour la santé. Or ces amphétamines sont aujourd'hui interdites en Belgique, depuis maintenant 2 ans et demi.

Les 2 médicaments actuellement disponibles sous prescription sont reconnus par les instances scientifiques et réglementaires dans l'indication de l'aide à la perte de poids dans le traitement de l'obésité. De nombreuses études démontrent que ceux-ci parviennent à obtenir une perte de poids d'au moins 5 à 10% et qui se maintienne à long terme. Une perte de poids de 10% réduit la mortalité totale de 20%, la mortalité liée au diabète de 30%, celle liée au cancer de 40%, rappelle le Professeur Luc Van Gaal du département d'endocrinologie et de diabétologie de l'UZ d'Anvers. Aujourd'hui, ces traitements médicamenteux sont associés à des programmes d'accompagnement disponibles chez les médecins et pharmaciens, qui s'articulent sur 3 axes indissociables: le traitement en lui-même, une modification des habitudes alimentaires et l'activité physique, ajoute le Docteur Maximilien Kutnowski, du Centre hospitalier Brugmann.

  • Calculatrice d'IMC

Jiri Pragman

    


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