Les médicaments génériques sont-ils trop peu prescrits?

GénériquesSelon TEVA, les médicaments génériques trop peu prescrits en raison d’un certain flou terminologique. Mais l’avis de TEVA est intéressé puisqu’il s’agit du leader mondial du marché des médicaments génériques.


Selon les derniers chiffres de l’Institut de Statistique Médicale (ISM), les Belges ont consommé en médicaments pour 100 millions d’euro de plus que l’an dernier.

Ce montant fort important pourrait être diminué en choisissant une voie moins coûteuse, celle du médicament générique.

Pour TEVA, principal fabricant et distributeur mondial de médicaments génériques, la sous-utilisation de ce potentiel résulte notamment d’une trop faible pénétration des médicaments génériques, elle-même due à un certain flou autour de la notion de "bon marché".

TEVA prône une utilisation plus cohérente, plus rationnelle et plus nuancée des médicaments génériques, essentiellement pour le traitement des maladies gériatriques types comme l’ostéoporose et l’hypertension.

Une forte consommation de médicaments

Le Belge consomme en moyenne 680 comprimés par an pour un montant de 410 euros, un chiffre plus élevé que l’an dernier. Cette augmentation est d’autant plus surprenante que les médicaments génériques sont plus largement disponibles.

Selon les estimations de l’Union Pharmaceutique, 6,8 milliards de doses devraient être vendues par les pharmaciens cette année, soit 200 millions de plus qu’en 2006. Du fait de la consommation croissante, le Belge dépensera cette année en médicaments 100 millions d’euros de plus qu’en 2006, malgré la disponibilité des génériques.

Ce sont principalement les réducteurs de cholestérol qui font grimper l'addition. Le nombre de doses est passé de 60 à 535 millions l’an dernier. Pour les autres médications des maladies gériatriques types comme l’ostéoporose, la hausse est significative également.

Un flou terminologique

Pour Roel Geysen, Managing Director, les médicaments génériques devraient permettre de réaliser d’importantes économies mais leur taux de pénétration est souvent insuffisant. Par ailleurs, un certain flou subsiste auprès des parties concernées quant à la notion de "bon marché". Apparemment, il existe encore une grande différence entre les prix public du médicament de référence, d’une part, et celui du générique bio-équivalent, d’autre part, tous deux étiquetés bon marché. L’INAMI passe ainsi à côté d’importantes économies.

Petit calcul

Pour mettre en lumière l’incidence d’une utilisation plus cohérente des médicaments génériques sur le coût des soins de santé et le budget de l’assurance-maladie, TEVA a fait cette estimation pour deux des médicaments les plus prescrits : les réducteurs de cholestérol et les médicaments contre l’ostéoporose.

Ce n’est pas un hasard s’il s’agit dans les 2 cas de médicaments étroitement liés à l’âge. Vu le vieillissement de la population et la demande sans cesse croissance de ce type de médication, TEVA prône une utilisation plus cohérente et plus fréquente de la variante générique plutôt que des médicaments de marque, plus coûteux.

Toujours selon Roel Geysen, ces économies budgétaires peuvent être réalisées dans toutes les catégories thérapeutiques pour lesquelles il existe une alternative générique et donc aussi pour les médications liées au vieillissement de la population (traitements contre l’ostéoporose et réducteurs de cholestérol, par exemple). Les médicaments génériques permettent effectivement de réaliser des économies et contribuent de ce fait à la future rationalisation des soins de santé.

Dans le cas de l’ostéoporose, le médicament de référence est vendu 97,19 euros mais le prix pour le patient n’est que de 15,90 euros car l’INAMI participe à auteur de 81,29 euros. Le générique équivalent, l’Alendronate, est vendu au prix public de 37,90 euros mais il n’en coûte que 9,47 euros pour le patient. Ce médicament générique est donc moins cher pour le patient (économie de 6,43 euros) comme pour l’INAMI qui ne débourse que 28,43 euros économie de 52,86 euros pour un traitement de 3 mois).

Avec un réducteur de cholestérol comme le Pravastatine, l’avantage pour le patient est de 13,91 euros et, pour les pouvoirs publics, de 47,58 euros par boîte.

Robert Derumes


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