La dépression et l'anxiété ciblent leurs victimes

Les Bruxelloises et les Wallonnes vivant seules, sans emploi et peu qualifiées sont les plus exposées à la dépression et à l'anxiété. Une étude démontre également l'impact particulièrement important de ces affections sur la vie professionnelle, sociale et familiale et révèle que 40% des patients déjà sous traitement présentent encore les symptômes du diagnostic.


La dépression et l'anxiété chez nous

Pas moins de 7,8% des patients qui consultent leur médecin généraliste souffrent de dépression ou d'anxiété. L'incidence est plus élevée en Wallonie (22,7%) et à Bruxelles (24,2%) qu'en Flandre (2,9%) et au Luxembourg (3,6%). Ces résultats frappants révélés par l'étude GADIS II confirment et renforcent les constats d'une étude précédente (GADIS I) communiqués en septembre 2002.

Bien plus qu'une simple mise en évidence de la prévalence (c'est-à-dire le nombre de cas d'une maladie, au sein d'une population donnée, à un moment donné-) de l'anxiété et la dépression dans les différentes régions de Belgique, l'étude GADIS II a entrepris d'identifier les causes et les facteurs expliquant les différences régionales. L'impact de la dépression et de l'anxiété sur la vie quotidienne des patients a également été analysé.

L'importance des facteurs socio-économiques

Les facteurs socio-économiques influencent le risque de dépression et d'anxiété. En effet, les personnes vivant seules risquent davantage de souffrir de dépression ou d'anxiété (22%) que les personnes qui vivent en couple, en famille (6,7%) ou en communauté (3,6%). En outre, la prévalence est sensiblement plus élevée chez les personnes peu qualifiées (22,%) par rapport aux universitaires (2,8%).

Il ressort également de l'étude que le pourcentage de patients dépressifs ou atteints d'anxiété est le plus élevé dans la catégorie des chômeurs (27,7%). Les personnes sans aucun revenu (9%), les employés (8,9%) et les ouvriers (8,4%) sont également touchés. Le groupe le moins à risque est celui des retraités (3,3%).

En combinant tous les facteurs à risque, ce sont les femmes, vivant seules, au chômage et habitant à Bruxelles qui souffrent le plus de dépression ou d'anxiété (44,5%). Inversement, ces affections ne touchent que 9,4% des hommes, flamands, qui vivent en communauté et travaillent.

L'impact sur la vie quotidienne

L'anxiété est caractérisée par une inquiétude chronique concernant les événements habituels de la vie quotidienne. La dépression se distingue par une humeur mélancolique, triste, et une perte de la joie de vivre. Ces maladies provoquent des symptômes de tension, d'agitation, d'irritabilité, de fatigue, de troubles de la concentration et d'insomnie. Ces émotions peuvent être tellement intenses que les patients sont incapables d'exécuter les activités les plus simples.

L'étude GADIS II a pu mesurer l'impact de la dépression et de l'anxiété sur les faits et gestes quotidiens. Les patients ont noté sur une échelle de à 0 l'ampleur de l'impact leur affection sur leur humeur, leur travail et leur vie sociale et familiale. L'étude a révélé que cet impact est relativement plus élevé chez les patients dépressifs ou atteints d'anxiété que chez ceux qui ne souffrent pas de ces affections.

Leurs vies professionnelle, sociale et familiale en sont considérablement affectées. Par ailleurs, ces affections ont également un impact sur la société en raison de l'absentéisme, du manque de productivité au travail et des implications financières liées à une consommation plus élevée des ressources médicales.

Le traitement : peut mieux faire !

L'objectif principal des directives actuelles des traitements de la dépression et de l'anxiété est la "rémission", c'est-à-dire la disparition de tout symptôme chez le patient. Environ 40% des patients dépressifs ou atteints d'anxiété disent déjà suivre un traitement pour leur affection. Ils présentent néanmoins encore beaucoup de symptômes du diagnostic complet de la dépression ou de l'anxiété. Les méthodes actuelles de traitement doivent dès lors encore être optimalisées afin de soigner davantage de patients, en les débarrassant de tous les symptômes de ces affections. Une étude à grande échelle est actuellement en cours pour déterminer le nombre de patients dépressifs sous traitement ne présentant plus aucun symptôme de leur affection.

Jiri Pragman

  • Etude GADIS II (Wyeth Belgium) effectuée sous la direction scientifique des professeurs Fischler et Ansseau et du docteur Dierick, et approuvée par le Comité d'Éthique de l'Université de Liège (ULg). 3.699 patients ont participé à cette étude à laquelle ont collaboré 377 médecins généralistes en Belgique et au Luxembourg.

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