L'hormonothérapie de substitution, bénéfique ou néfaste?

 L'hormonothérapie, ou traitement hormonal substitutif (THS) consiste en l'administration thérapeutique d'œstrogène et de progestérone pour compenser les taux décroissants de ces hormones au cours de la ménopause. Faut-il prescrire un traitement hormonal substitutif (œstrogène et progestérone) aux femmes ménopausées ?


On a longtemps pensé que les traitements hormonaux substitutifs, les THS, prescrits aux femmes ménopausées, non seulement agissaient sur les symptômes de la ménopause (bouffées de chaleur, variations d'humeur, troubles du sommeil et de la libido), les protégeaient de l'ostéoporose, mais les mettaient également à l'abri des maladies cardio-vasculaires.

Or, une femme ménopausée a 4 fois plus de chances de développer un infarctus du myocarde que sa voisine du même âge avec les mêmes facteurs de risque mais qui a encore une activité ovarienne. Dès lors, de 1980 à 1998, une hormonothérapie substitutive apparaissait comme le traitement idéal d'autant que de nombreuses études semblaient le confirmer. Mais, depuis 1998, de nouvelles études invitent à la prudence, voire carrément à la méfiance quant à l'utilisation des THS comme moyen de prévention contre les maladies cardio-vasculaires.

En 2002, coup de théâtre, une étude américaine (Women Health Initiative) est arrêtée vu l'augmentation significative des cas de cancer du sein et d'accidents cardio-vasculaires chez les patientes traitées par l'association oestrogéno-progestative.

Vers la suppression totale ?

Faut-il pour autant supprimer totalement l'administration de THS aux femmes ménopausées?

Non, mais il convient d'être prudents : la seule indication formelle et non négligeable est le confort de vie de la femme ménopausée. En effet, l'ostéoporose, pour laquelle les œstrogènes sont bénéfiques, peut être traitée par d'autres médicaments, et on ne peut plus aujourd'hui conseiller une hormonothérapie de substitution comme traitement préventif des maladies cardio-vasculaires.

L'évolution actuelle va donc dans le sens de la prudence : administration de la dose minimale efficace, de façon limitée dans le temps, et en préférant le mode d'administration transcutané des oestrogènes. Avant d'entamer un tel traitement, il faut toujours mettre en balance les effets positifs et les effets négatifs potentiels de ce traitement sur la santé de la patiente. D'autre part, ce traitement nécessite une réévaluation chaque année, avec notamment une mammographie.

Le traitement des femmes ménopausées par THS doit donc être le plus court possible et tenir compte des bénéfices et des risques du traitement. La décision de commencer ce traitement ne peut être prise qu'après un dialogue sur ceux-ci entre le médecin et sa patiente.

(sur la base de propos recueillis auprès du Docteur Elisabeth Beauthier, cardiologue à la Clinique Saint-Jean à Bruxelles)


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