Affections cardiovasculaires et femmes

"Les femmes ont une espérance de vie plus longue, les femmes sont protégées par leurs hormones… ". De tels lieux communs sont solidement ancrés dans nos consciences. Mais correspondent-ils vraiment à la réalité? Des réponses du docteur Chris Monten, médecin spécialiste en expertise médicale.


Depuis les années 1990, les scientifiques tentent de confirmer ces suppositions. Les études préliminaires vont toutes dans le même sens: ce sont surtout les oestrogènes qui constituent le "joker" des femmes, pour ce qui concerne les affections cardiovasculaires.

Ce constat a eu des effets négatifs en ce qui concerne la prise de conscience des risques chez les femmes. Cela fait des années que les messieurs ont pris conscience des risques cardiovasculaires
plus importants qu'ils encourent. Et l'on remarque, au sein de ce
groupe, les effets positifs des efforts de communication développés en termes de style de vie, qu'il s'agisse de l'alimentation, de l'activité physique ou de l'arrêt de la consommation de tabac. En revanche, les femmes paraissent nettement moins conscientes des risques encourus après la ménopause, et s'intéressent beaucoup
moins à ces risques, certes différés, mais tout aussi réels
explique ainsi le Dr Motten.

La plupart des études considèrent les femmes comme un élément constitutif de la population. Autrement dit, le risque particulier qu'elles encourent ne fait pas l'objet d'une analyse distincte. Pourtant, leur biomécanisme diffère fondamentalement de celui des hommes (organes de plus faible volume, moindre poids de corps, taux de graisse plus élevé, composition hormonale différente, excrétion rénale moins élevée…) mais trop peu d'études en tiennent compte.

es risques après la ménopause

Bien que les femmes bénéficient d'une dizaine d'années de répit par rapport aux hommes, pour ce qui concerne les risques cardiovasculaires, elles perdent très vite cet avantage après la ménopause. Qu'il s'agisse des affections cardiaques, des infarctus
cérébraux ou autres accidents thromboemboliques.

Plus grave encore: alors que les hommes améliorent lentement leurs risques cardiovasculaires (notamment par la prévention), ces mêmes risques continuent de s'amplifier chez les femmes.

Les femmes, qui attendraient quelques années avant de suivre leur traitement de substitution et vivraient ainsi temporairement "sans protection", augmentent le risque d'athéromatose, avec développement de "plaques" dans les vaisseaux sanguins.

Actuellement, les conclusions d'études ne seraient pas encore tout à fait limpides, mais tous les éléments évidents indiquent que les oestrogènes jouent un rôle important dans la meilleure protection de la femme contre les affections cardiovasculaires. Dès la naissance, on note des valeurs en oestrogènes plus élevées chez les filles, ce dont elles bénéficient au long de 4 décennies.

A la ménopause, cette protection naturelle disparaît, mais peut être remplacée par thérapie de substitution. Des études ont toutefois démontré que la substitution ne pouvait pas être prescrite, sans réflexion. Une substitution tardive crée d'ailleurs un effet
contraire.

Mais le pilier le plus important reste debout: la prévention. La maîtrise des facteurs de risque s'impose, aussi chez les femmes. Des femmes qui peuvent conserver leur "avance" sur les hommes, en faisant consciemment, comme eux, de la prévention de risques.

En effet, aussi difficile à percer qu'apparaisse le mystère des oestrogènes féminins, il est tout aussi évident que l'arrêt du tabac, l'activité physique et la lutte contre l'excès de poids font au moins diminuer les effets négatifs de la ménopause, confirme le Dr Motten.

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Robert Derumes

 


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