Les travailleurs belges veulent mieux organiser leur carrière

Les travailleurs belges veulent mieux organiser leur carrière (enquête Manpower)Face aux incertitudes de l’avenir - notamment la fin de carrière – les travailleurs belges fixent de nouvelles priorités : un meilleur équilibre entre leur vie professionnelle et leur vie privée et la recherche de formes de travail plus flexibles. Ils se tournent aussi davantage vers des employeurs qui tiennent compte de la dimension sociale.


Seulement 42% des travailleurs belges estiment qu’ils seront à l’aise financièrement lorsqu’ils auront atteint l’âge légal de la retraite. C’est un des enseignements de l’enquête menée pour Manpower à travers 15 pays. Plus de 12.000 personnes ont répondu à cette enquête en ligne, dont 992 en Belgique.

Cette étude analyse les tendances du monde du travail et identifie les préoccupations majeures des individus face à leur avenir professionnel, leurs craintes et leurs attentes vis-à-vis de leurs employeurs présents ou futurs. Elle permet de dégager les éléments qui caractérisent un excellent employeur.

Les craintes des individus
sur le marché de l’emploi

Sans surprise, les préoccupations financières et la perspective du chômage constituent les principaux soucis des travailleurs à travers l’Europe. Près d’une personne sur deux ayant participé à l’enquête au niveau international (49%), et une personne sur quatre en Belgique (27%), déclare avoir peur de perdre son emploi au cours des douze prochains mois. C’est surtout en Espagne (70%), en Italie (54%) ou au Royaume Uni (53%) que le sentiment d’insécurité pour l’emploi est le plus fort.

Contrairement aux idées reçues, on remarque que les travailleurs belges, tout comme la plupart de leurs homologues européens, estiment que leur emploi est relativement peu menacé par les délocalisations (12%) ou l’outsourcing de leur fonction vers une société spécialisée (12%).

Par ailleurs, seulement 18% des personnes interrogées en Belgique craignent qu’avoir des enfants ait un impact négatif sur leur carrière, différemment de l’Espagne (38%), ou de la Grèce (26%). Les femmes belges (27%) sont plus concernées que les hommes (11%) par la question.

Vers plus de flexibilité

Ce qui frappe à la lecture des résultats, c’est avant tout combien les personnes interrogées à travers l’Europe sont ouvertes à des solutions nouvelles pour améliorer leur futur ou l’organisation de leur vie professionnelle.

Premier souhait : plus de flexibilité. 7 personnes sur 10 sondées en Belgique se déclarent prêtes à travailler plus tard dans leur vie s’ils pouvaient travailler de façon plus flexible; et plus de la moitié est prête à allonger la semaine de travail à condition d’avoir des horaires de travail flexibles. Cette flexibilité ne doit cependant pas se faire au détriment du portefeuille : seulement 28% des personnes interrogées accepteraient d’accompagner une réduction de la durée hebdomadaire de travail avec une réduction salariale.

Second constat : le travail à domicile devient plus populaire. 54% des participants à l’enquête en Belgique (40% au niveau international) estiment qu’il est possible de travailler depuis son domicile en étant plus productif.

Autre tendance : une plus grande mobilité. Près d’une personne sur deux en Belgique (45%) envisage positivement le fait de partir à l’étranger pour un emploi.

L’employeur idéal doit apporter
sécurité et qualité de vie

L’enquête révèle également les qualités principalement recherchées chez un employeur. Selon les personnes interrogées en Belgique, l’employeur idéal doit apporter un "package" salarial compétitif (53%), de la sécurité d’emploi (45%) mais aussi un cadre de travail flexible qui apporte un bon équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée (47%). Les possibilités de développement de carrière constituent également une attente importante (35%), tout comme la façon dont l’entreprise implique ses employés dans leur travail quotidien (35%). Parmi les avantages recherchés, à côté du salaire, les travailleurs belges privilégient le nombre de jours de vacances (54%), la formation (51%) et les systèmes de pensions extra légales (45%).
Pour Philippe Lacroix de Manpower : "Le besoin de sécurité et de stabilité exprimé par les travailleurs peut se comprendre dans le contexte économique actuel. Pour attirer les bons profils et surtout les garder, les employeurs doivent pouvoir répondre à leurs attentes aux différentes périodes de leur vie professionnelle. Celles-ci diffèrent au fil du temps, que vous soyez un jeune candidat entrant dans le monde du travail, ou si vous vous apprêtez à fonder une famille, ou si vous vous fixez de nouveaux challenges en cours de carrière. L’entreprise qui veut s’appuyer sur la satisfaction de son personnel pour générer la performance doit y être attentive".

Une importance croissante
au rôle social de l’entreprise

Les Belges interrogés sont peu concernés par le fait de travailler pour une société ou une marque connues (6%). Par contre, les résultats montrent clairement qu’en Belgique, la conscience sociale des travailleurs se développe : les gens veulent travailler pour des organisations qui ont intégré la dimension sociale dans leur stratégie, notamment en matière de ressources humaines ou d’environnement. Cette sensibilité sociale est partagée par 56% des personnes interrogées en Belgique. Elle est également fortement présente en Suisse (74%), en Finlande (67%), en Allemagne (58%) ou en Autriche (54%). Cependant, seulement une personne sur quatre interrogée en Belgique (27%) estime que son employeur a effectivement développé une politique en matière de diversité (mise à l’emploi de travailleurs âgés, personnes handicapées,…).

Robert Derumes


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