Le travailleur belge fidèle ou motivé par l'argent!

Un travailleur devant son PCLes Belges sont des travailleurs très fidèles et il n’y a pratiquement que les arguments financiers qui soient susceptibles de les convaincre de changer d’emploi. Selon une étude menée par Monster concernant les facteurs de motivation, pour 43% des Belges, la perspective d’obtenir de meilleures conditions financières constitue le principal argument pour changer d’employeur.  


Le marché du travail est actuellement marqué par de nouvelles tendances, comme la flexibilité et l'ancrage régional, le travail à domicile et l'importance de l'équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Ces tendances semblent constituer les facteurs de motivation par excellence que les entreprises doivent exploiter, si elles souhaitent attirer et conserver des travailleurs en ces temps de concurrence accrue et d'étroitesse du marché de l’emploi.

Le site de carrière Monster.be a réalisé, en collaboration avec l'Université d'Anvers, une étude détaillée des motifs qui incitent les travailleurs belges à changer d'emploi où, précisément, à rester fidèles à leur employeur actuel. Par la même occasion, Monster.be a cherché à savoir quelles sont les tendances qui prédominent véritablement dans le circuit du travail.

Des Belges fidèles

Grande conclusion de cette étude publiée en octobre 2008 : les Belges ne changent guère d'emploi et 7 travailleurs sur 10 ne postulent pas.

Ces travailleurs belges peuvent en fait être répartis en 3 catégories: les travailleurs fidèles, les travailleurs hésitants et les travailleurs enclins au changement.

  • 57,5% des travailleurs peuvent être qualifiés de très fidèles. Ils sont certes ouverts aux opportunités offertes par le marché de l'emploi, mais ils ne consultent pas les offres d’emploi et ne postulent pas de manière proactive;
  • 37% des travailleurs relèvent de la catégorie des travailleurs hésitants. Ils ne recherchent pas explicitement un autre emploi, mais veulent cependant regarder ce qui se passe ailleurs et consultent dès lors régulièrement les offres d’emploi. Ils ne postulent cependant pas ou alors seulement de temps à autre.
  • Seuls 5,2% des travailleurs belges recherchent activement un autre emploi et sont donc des travailleurs enclins au changement. Ils visitent dès lors régulièrement les sites d’offres d’emploi et se rendent plusieurs fois par an, voire chaque mois à des entretiens de recrutement.      

Bernard Hensmans, country manager de Monster, explique que les travailleurs du plus grand groupe sont fidèles, mais ne sont pas pour autant mariés avec leur employeur. Aujourd'hui, plus personne ne travaille toute sa vie pour le même employeur et la majorité des travailleurs sont désormais ouverts aux opportunités intéressantes et ce, même dans la catégorie des travailleurs fidèles. C’est souvent la phase de la vie dans laquelle se trouve le travailleur qui détermine son  appartenance à la catégorie des travailleurs fidèles, hésitants ou enclins au changement. Pour l’employeur, il est dès lors important d’identifier dans quelle phase se trouvent ses travailleurs, de manière à pouvoir utiliser les meilleurs facteurs de motivation.

Changer d'emploi pour gagner plus

L’étude de Monster et de l’Université d’Anvers infirme l’importance des nouveaux facteurs de motivation, comme la flexibilité du travail et le travail à domicile. La rémunération est en effet de loin le principal facteur qui incite les travailleurs à changer d’emploi.

Indépendamment de la catégorie de travailleurs, 43% considèrent que l’obtention de meilleures conditions financières constitue la principale raison d’aller voir ailleurs. De même, les entreprises qui font une contre-proposition à leurs collaborateurs ont intérêt à jouer la carte de la rémunération, puisque 49% des travailleurs seraient quand même disposés à rester chez leur employeur actuel en échange d’une meilleure rémunération.   

La rémunération d'abord

La rémunération est indéniablement le facteur de motivation numéro un (respectivement 42,27% des travailleurs fidèles et 44,98% des travailleurs hésitants), mais en plus de la rémunération, les travailleurs fidèles et hésitants changeraient aussi d’entreprise pour un horaire plus flexible (respectivement 11,21% et 13,10%) ou une plus grande proximité entre le domicile et le lieu de travail (respectivement 9,08% et 12,01%).

Parmi les facteurs les incitant à rester chez leur employeur actuel, arrivent en 2e et 3e position une diminution de la charge de travail (respectivement 11,76% et 13,54%) et les possibilités d’avancement (respectivement (9,21% et 12,01%).

Aux yeux des travailleurs enclins au changement, la rémunération arrive aussi largement en première position. Les autres raisons incitant les travailleurs de cette catégorie à opter pour un autre employeur sont en revanche beaucoup plus diversifiées que chez les travailleurs fidèles ou hésitants: la sécurité d’emploi (10,94%), un horaire flexible (10,49%), une plus grande proximité entre le domicile et le lieu de travail (10,94%), les possibilités d’avancement (6,25%), un travail attrayant (6,26%), une plus grande autonomie (6,25%) et une bonne ambiance de travail (6,25%).

Il est frappant de constater que beaucoup plus de travailleurs enclins au changement, à savoir 23,44%, accepteraient de rester chez leur employeur actuel en échange de possibilités d’avancement.

Pour Bernard Hensmans de Monster, même si l’on a parfois l’impression que ce sont de plus en plus des facteurs non financiers qui incitent les travailleurs à franchir le pas, nous constatons en pratique que ce sont toujours les arguments financiers qui sont déterminants. Les employeurs doivent en premier lieu optimiser leur politique salariale et ce n’est qu’ensuite, qu’ils peuvent faire la différence avec d’autres éléments, à savoir les arguments non financiers. 

Robert Derumes

 


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