Faut-il laisser partir ses enfants en famille d'accueil?

Notre fille a réalisé une année d'études aux USA. Avant cela, elle avait fait un voyage de 3 semaines en Angleterre. Chaque fois, elle a été accueillie dans une famille qui était supposée la nourrir, la loger et, sinon lui laver son linge, au moins lui permettre de le nettoyer et le repasser. Enfin, l'aimer comme un membre de sa propre famille.


L'expérience en Angleterre s'avéra assez décevante. Les familles, payées, font le strict minimum. Aussi, notre fille se retrouva-t-elle dans une chambre avec 3 autres étudiantes, les repas n'étaient pas pris ensemble; il fallait même réclamer pour recevoir quelque chose à manger. Elle reçut un jour des tartines avariées pour le repas du midi et bien sûr n'eut aucun contact avec la famille qui fermait le frigo à clé pour éviter les vols. Visiblement, la formule de la famille payée permet à des personnes en difficulté d'arrondir leurs fins de mois, mais pas vraiment à un étudiant de s'épanouir dans un pays, une ville et une langue inconnus.

Pour le voyage aux USA, il s'agissait d'un autre organisme, et de familles d'accueil bénévoles. Après l'inscription commence la longue attente : va-t-on lui trouver une famille? Le questionnaire est assez complet : ville ou campagne, mer ou montagne, famille avec enfants ou pas,… Prévenue par d'autres expériences familiales, elle n'avait pas été "trop" exigeante et avait laissé beaucoup de portes ouvertes (famille monoparentale ou non, pas de critères de préférences pour un Etat ou l'autre, etc…). Finalement, c'est à la fin juin que LA famille est trouvée. Nous recevons une fiche d'identification. Parfait ! Vive le mail, nous prenons contact, nous échangeons quelques informations et nous voici rassurés, notre fille sera bien là-bas.

Tout s'est effectivement bien passé, mais les problèmes sur place ont été, pour notre fille, que la famille ne bougeait absolument pas : le tourisme ne faisait pas partie de leurs activités et ils ne s'étaient aucunement engagés à lui faire visiter l'Etat. Cependant, d'autres étudiants étrangers avaient "tout" visité au bout de 3 mois, elle voulait donc le même régime. Un autre problème était l'isolement de la maison : même pour aller en ville, il fallait absolument se faire conduire, car il n'y avait aucun transport en commun dans le coin. L'isolement de la famille constituait aussi un désavantage : fraîchement installés dans la ville, les parents n'avaient que peu de connaissances et les relations de la famille se limitaient aux activités "communautaires" organisées par l'Eglise. Enfin, elle fut confrontée à la jalousie de la jeune fille de la famille, sa "soeur d'accueil".

Par contre, quelle expérience pour une jeune fille timide que de partir pendant 10 mois dans un autre pays, une autre culture, un autre monde, se faire (d'abord difficilement) des copines, des amies, s'immerger dans une langue, confronter les us et coutumes et puis décider de se permettre des excursions en Californie et à Hawaii... Une expérience qui restera sans doute gravée.

Prêt à accueillir ?

Et nous, parents, ferions-nous une bonne famille d'accueil? Bien entendu, nous étions ici dans un programme où il n'est pas prévu de réciprocité dans l'échange d'étudiants, mais bien entendu aussi, les organismes qui envoient des jeunes en accueillent également en Belgique et nous sommes sollicités comme famille d'accueil éventuelle.

Quels sont les critères pour accueillir bénévolement un étudiant étranger? Cela dépend des organismes d'accueil ou d'échange. La plupart d'entre eux demandent simplement d'avoir la volonté d'intégrer un jeune au noyau familial, et de le prendre en charge (nourriture, intégration dans la famille, logement, participation aux loisirs et tâches familiales). On demande aux familles de ne pas modifier leur mode de vie, mais il est clair que l'arrivée d'un nouveau membre dans la famille est un bouleversement pour tous. Partant de notre expérience "à l'envers", nous sommes conscients que notre mode de vie ne satisferait probablement pas un étudiant étranger.

Informations utiles

Echanges d'étudiants : toutes les universités ont des programmes d'échanges et sont toujours à la recherche de familles bénévoles.
Julia Limbourg        

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