Symboles funéraires, abréviations, imageries de nos cimetières de Q à Z

Le symbolisme funéraire peut être révélateur de la personnalité du défunt ou des conditions de sa mort. La "lecture" du symbole peut déterminer la tranche d’âge lors du décès, le sexe, l’état civil, le métier, les options philosophiques et politiques... Toutefois, une mise en garde est nécessaire ; le symbole se lit mais n’est point une grammaire aux règle intangibles; les exceptions sont légion. De Q à Z.


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Quatre colonnes
Quatre colonnes entourant la croix structurent un certain nombre de sépultures. Les quatre éléments peuvent suggérer les points cardinaux et donc, l'universalité du Christianisme.
Elles peuvent aussi symboliser les quatre Évangélistes.

Le raisin
Les grappes de raisin peuvent évoquer le sang du Christ, en particulier, si elles sont accompagnées de tiges de blé, suggestion du corps du fils de Dieu.
Ensemble, les grappes de raisin et les tiges de blé représentent l'eucharistie.
La grappe de raisin comporte une double image de mort et de vie, car il faudra la séparer du cep pour que, malaxée, elle donne le vin.

Le rejet
Voir Le tronc d'arbre élagué.

La Résurrection
Certaines tombes représentent le Christ sortant du tombeau, enveloppé de son linceul et tenant à la main la croix-bannière. La Résurrection est l'espoir, l'espérance des Chrétiens ; la victoire de la vraie vie sur la mort.
Voir La croix-bannière.

R.I.P.
R.I.P. sont les premières lettres de Requiesca(n)t in Pace, qu'il(s) repose(nt) en paix.

La rocaille
La rocaille dans la symbolique funéraire représente le Golgotha, le mont sur lequel le Fils de Dieu a été crucifié. Elle sert souvent de support à la croix. Prostré de chagrin, l'ange peut s'asseoir sur la rocaille. Elle peut servir de support à d'autres symboles : l'arbre étêté.
Des fleurs, du lierre… peuvent s'y épanouir, de petits animaux ou le serpent s'y dorent au soleil ou se dissimulent entre les pierres.

La rose
La rose est en Europe, la fleur des fleurs ; elle est la suggestion de l'amour et de l'amour partagé. Elle peut être représentée seule, en bouquet ou en couronne.
Bon nombre de représentations d'anges et d'angelots les montrent jetant des fleurs vers la Terre, ou les déposant au pied de la croix comme s'il s'agissait de pensées ou de protections envers les survivants.
La rose inscrite au centre d'un triangle ornera la tombe d'un franc maçon rose-croix, ayant atteint le XVIIIe degré.
Si la rose est tenue par un poing fermé, elle signalera la tombe d'un militant socialiste.
Variante: le rosier en entier.

La rose à la tige brisée
La tige de la rose brisée symbolise le décès d'une jeune fille ou d'une jeune femme. Elle est l'équivalent de la colonne brisée ou de l'obélisque évoquant la mort prématurée de l'homme ou de la tige cassée du lys sur la tombe d'un nourrisson ou d'un jeune enfant. La rose est un attribut féminin associé à la jeunesse et au printemps. Avec la tige brisée, le cycle des saisons est brutalement rompu.
Dans la symbolique catholique, la rose fait référence à Marie et à la virginité.
Symbole également de l'amour, la rose est dans la promesse sans suite car bien vite elle va faner, la sève du printemps n'atteignant plus la fleur.

La ruche
La tombe d'un agriculteur peut être décorée d'une ruche signalant que le défunt était aussi apiculteur. La ruche est souvent alors accompagnée d'éléments de l'outillage lié au travail des champs.
La ruche peut aussi symboliser la bonne organisation d'une collectivité, de la société et la répartition des tâches. Elle évoque alors le sens de la solidarité active et peut orner la sépulture d'une personne engagée dans les mouvements de la mutualité ou du syndicat.

Le saint, la sainte
Le saint ou la sainte représenté(e) sur la tombe peut avoir une connotation précise : le patron ou la patronne du défunt ou de la défunte, pour l'identité du prénom ou par la profession (saint Éloi pour les métiers du fer par exemple). L'explication peut être l'histoire locale (saint Piat à Tournai).

Le sablier ailé
Le sablier évoque le passage inexorable du temps; chaque grain de sable pouvant représenter un jour de notre vie. Le sablier comporte régulièrement des ailes de colombe ou d'ange, tous deux messagers de Dieu, comme si l'instrument de la mesure du temps devenait, avec le décès, l'âme que la colombe ou l'ange va acheminer au ciel.
Dans certaines représentations, il s'agit d'ailes de chauve-souris, le mammifère qui vole dans la Nuit, dans la Mort.
Par son côté réversible, le sablier évoque la faculté d'une nouvelle vie ou de la vraie vie, selon les convictions de chacun, si on retourne cet instrument de la mesure du temps.
Dans certains cimetières, des sabliers possèdent une aile de colombe et une autre de chauve-souris.
Les deux compartiments peuvent représenter le ciel et la terre.
Variante : le sablier au centre d'une couronne de fleurs (Sagot, au cimetière du Père Lachaise), au centre d'une couronne de fleurs ailée (Mery, au cimetière du Père Lachaise).

Le saule pleureur
Par sa morphologie, le saule pleureur évoque la douleur et les larmes liées à la disparition de la personne chère. Par ailleurs, il évoque la renaissance par la facilité avec laquelle une branche arrachée - la mort - donne des racines - la vie - en étant plantée dans le sol.
Musset avait écrit : "Mes chers amis, quand je mourrai / Plantez un saule au cimetière / J'aime son feuillage éploré / Sa pâleur m'en est douce et chère / Et son ombre sera légère / À la terre où je dormirai."

Septembre, octobre, novembre et décembre
L'épitaphe peut comporter la notion de 7bre qu'il faut lire : septembre, selon l'étymologie, le septième mois du calendrier julien, celui-ci débutant en mars. En 1582, le pape Grégoire XIII modifia cet ordre des choses en faisant commencer l'année au premier janvier, date la plus proche de Noël, la naissance du Christ. Selon la même logique, les abréviations 8bre, 9bre et Xbre indiquent les mois d'octobre, de novembre et de décembre.
Plus rarement d'autres abréviations se retrouvent dans des épitaphes: Sbre, Obre, Nbre, Dbre.

Le serpent
Le serpent peut surgir de la rocaille au pied de la croix. Il représente le mal et Satan en opposition au Christ et le bien.
La Vierge Marie peut aussi l'écraser du pied.
Voir Le bâton d'Esculape, La coupe, le pilon et le serpent.

Le signe zodiacal
Le signe zodiacal peut accompagner le nom du défunt dans l'épitaphe.

Le squelette
Le squelette représente la mort. Il peut tenir dans les mains la faux pour couper le blé de la vie.

Le taureau
Voir Les Évangélistes.

Le textile
L'élément textile est souvent représenté dans le symbolisme funéraire. Il peut suggérer le drap funéraire, sur un cercueil, le voile, le tissu de sainte Véronique sur lequel elle imprima le visage ensanglanté du Christ.
Le poêle sera souvent orné des cordons que des personnes tenaient en main durant le cortège entre la maison du défunt et l'église ou le cimetière.

Le tronc d'arbre élagué
Le tronc d'arbre élagué est le symbole de la mort précoce de l'enfant, d'une jeune fille ou d'un jeune homme. Il évoque l'arbre de vie dont la croissance serait abruptement interrompue.
Certaines représentations comportent un rejet, avec, par exemple pour le chêne, un gland signifiant la renaissance, la promesse du lendemain.

L'urne
Historiquement, l'urne est, à l'origine, un récipient conçu pour contenir les cendres humaines ou animales. L'urne est un objet lié à la mort qui en devient le symbole. Elle peut être drapée ou surmontée d'un fruit, suggérant alors la mort et la perspective d'une nouvelle vie.
Son usage pratique a repris vigueur, en Belgique, avec le développement progressif de l'incinération depuis la publication de la loi consacrée à la crémation, le 24 mars 1932, et l'autorisation donnée aux catholiques pratiquants par l'Église en 1963. La crémation était choisie par 0,9% de la population belge en 1973, 12% en 1985, 21% en 1991 et 27,51% en 1996.

La Vierge Marie
Par sa fonction d'auxiliatrice par excellence entre les hommes et Dieu pour les catholiques, des tombes sont mises sous la protection de la Vierge Marie, que ce soit sous la forme de Marie au Calvaire ou de la Piéta.
Marie est également représentée au moment de l'Assomption, surtout dans les montants des croix de fonte. Celles-ci sont régulièrement peintes en bleu pâle, la couleur de la Vierge, dans le cimetière des Anges.
Elle apparaît sur maintes plaques déposées ainsi que sur des tombes gravées dans la pierre ou taillée en ronde bosse, dans l'imagerie liée aux apparitions de Lourdes. Des bouteilles en plastiques sont déposées sur la lame ou dans la niche, avec de l'eau recueillie à Lourdes.

La vigne
Voir Le raisin.

Jacky Legge


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