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Thursday, September 09, 2010

Primo Levi, 20 ans après...

Beaucoup de professeurs et d’écrivains ont examiné son oeuvre et étudié en profondeur ses ouvrages. En quoi cette plaquette peut-elle être différente ?
Ce petit livre n’a certainement pas la prétention de s’ajouter aux excellents ouvrages d’études parus jusqu’à ce jour. Il est des écrivains et des maîtres de conférence spécialisés sur le sujet, comme Philippe Mesnard, François Rastier et Daniela Amsalem. Mon but, en publiant cet interview, est de donner un témoignage fidèle d’un échange entre un homme marqué par une expérience "indicible" à laquelle il a donné des mots justes, et une étudiante qui se pose des questions sur l’écriture et la traduction qui deviendra son métier.

Et votre position quant à son suicide ?
Je sais qu’elle peut paraître catégorique et réductrice. Toutefois, il me semble vraiment paradoxal qu’un homme qui a dédié toute son existence après Auschwitz à écrire, expliquer, décortiquer, analyser et écrire le fruit de ses travaux, soit parti sans explication, sans un bruit. Lui qui a passé sa vie à être un témoin fidèle et attentif, tant à l’écriture qu’à la réception de son témoignage, ne peut pas s’être donné la mort sans explication. Il a toujours été un homme pudique, réservé, timide, mais certainement pas un homme muet. Sa mort s’est déroulée dans le silence d’une cage d’escalier. Le témoin de l’indicible par excellence est parti sans témoin de son départ. Un simple rapport de police, reprenant les termes de chute de hauteur et qui conclut que Primo Levi s’est probablement suicidé ne peut pas devenir "sa" vérité. Il faut laisser le doute intact et respecter le mystère dont sa mort est entourée.




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