Les belgicismes, notre richesse

La langue française standardisée que nous lisons chaque jour dans la presse et la littérature a le mérite d'être comprise par toutes les nations francophones du monde. Outre la France et ses régions, chaque pays francophone a évolué à sa manière et a introduit un vocabulaire, des expressions et des accents propres. La Belgique, La Suisse, le Québec, les pays africains francophones ont un magnifique lexique d'expressions typiques.


Les belgicismes ont, comme les Belges, plusieurs origines. Etant donné le "choc" des deux cultures (flamande et wallonne), les contacts entre les hommes ont créé au cours du temps de nouveaux mots, provenant soit de la langue française, soit du néerlandais.

Ainsi, côté wallon, une "dringuelle", signifiant un pourboire dans un café ou l'argent de poche que vous donne votre grand-mère à la Nouvelle Année vient du néerlandais "drinkgeld" (argent pour boire ou pourboire). Le célèbre "une fois" tant exploité par les humoristes français vient également d'une expression flamande qui a été simplement traduite littéralement. Au lieu de dire "viens voir (un peu)", on dit : "viens une fois (voir)".

Le langage administratif belge a également de nombreuses particularités. L'on peut débuter au niveau local : "le collège des bourgmestre et échevins de la commune" (les autorités municipales) et terminer au niveau de l'Etat : "la Communauté française" (la partie wallonne du pays et Bruxelles) et la "frontière linguistique" (c'est la limite de la zone géographique qui sépare la Wallonie et la Flandre - Bruxelles étant un cas à part).

Le marollien : une langue à part

Les mots et expressions issus du néerlandais sont davantage encore utilisés à Bruxelles, où une partie de la population parmi les anciens parle encore le "Brusseleer", une langue à part, un véritable mélange des genres, les deux langues fusant dans une même phrase sans que cela semble déranger qui que ce soit. Le quartier des Marolles, au centre de Bruxelles, est le lieu idéal pour entendre cette curiosité linguistique. N'hésitez pas à entrer dans un "caberdouche" (café mal fréquenté) pour y commander une tartine au "platekees" (fromage blanc). Cette langue, pour ceux qui la comprennent, est extrêmement colorée et drôle.

Elle a été utilisée, un peu comme une "private joke" par le célèbre Hergé qui s'est servi d'expressions bruxelloises, flamandes et wallonnes pour baptiser certains de ses personnages dans Tintin ou pour créer le syldave dans le Sceptre d'Otokar. Par exemple : "Eih bennek, eih blavek", la devise syldave, vient du néerlandais : "Hier ben ik, hier blijf ik" (j'y suis j'y reste).

Sur le web

Un très bon site pour apprendre de nouveaux mots est www.chez.com/belgicismes/. Il s'agit d'un dictionnaire bien documenté de mots et d'expressions. Les définitions sont assorties d'un commentaire sur le lieu où l'on utilise ces mots (langage étudiant, langage administratif, etc. )
Vous y trouverez même un "jeu du pendu" qui vous permettra de faire la connaissance de quelques belgicismes et un quizz dans lequel vous pourrez tester vos connaissances.

Julia Limbourg
    

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