Il était une fois la Berlinale

Potsdamer Platz en Berlinale (photo: Charlotte Noblet)Chaque année en février, la ville de Berlin vit au rythme des fans et faiseurs de cinéma qui viennent emplir et désemplir les salles de la Potsdamer Platz et d’autres cinémas berlinois. Petit historique du Festival de Film International de Berlin qui, entre les Oscars et les Palmes, distribue ses Ours, symbole de la capitale allemande.


Les premiers pas

Tout a commencé en 1951 à Steglitz, un quartier berlinois occupé par les forces américaines où déjà les premiers Ours d’Or récompensèrent les films sélectionnés par un jury allemand. Après quelques mises au point entre glamour et politique, un jury international accompagne le festival de 1956 et juge les films selon des critères artistiques. La Berlinale prend ses marques sur le Kurfürstendamm, allée prestigieuse de berlin Ouest. Une salle du cinéma "Zoo-Palast" est rénové pour l’occasion et accueillera le festival jusqu’en 1999.

Malgré le statut particulier de Berlin Ouest, sorte d’île au milieu de la RDA, nombreux sont les journalistes, artistes et personnalités politiques à honorer le festival. La Berlinale gagne en reconnaisance et, après des débuts plutôt hollywoodiens, s'oriente de plus en plus vers l'Europe de l'Ouest.

En août 1961, la construction du Mur de Berlin jette un froid sur le Festival et une fois de plus, aucun film de l’Est n’est à l’affiche. La Berlinale est plus que jamais le festival de films d’une ville coupée en deux, idéologiquement comme physiquement.

Mur de Berlin 20 ans après (photo: Charlotte Noblet)

Un esprit d’ouverture

Dans les années 70, la Berlinale s’ouvre aux productions du monde entier, notamment avec la création du Forum International du jeune cinéma. Le public peut découvrir films américains comme films soviétiques critiques et les discussions vont bon train.

A partir des anées 80, la Berlinale recherche un compromis entre grosses productions internationales et cinéma d'art et d'essai. Alors que les reproches fusent autour du délaissement des productions d’Allemagne de l’Ouest, un énorme travail sur l’histoire se fait dans les salles: la remise de l’Ours d’Or en 1986 au film de Reinhard Hauff sur le procès des acteurs de la RAF suscitera ainsi maintes discussions, parfois violentes.

D’année en année, la Berlinale suggère une certaine ouverture d’esprit à ses festivaliers: en 1988, le premier Teddy Award est ainsi décerné, récompensant des films sur la thématique homosexuelle.

En 1990, l’édition de la Berlinale est évidemment marquée par la réunification de l’Allemagne comme de Berlin, et des projections sont organisées dans la partie Est de la ville, dans des cinémas comme le Babylon Kino ou le Kino International qui, aujourd’hui encore, accueillent des programmations du festival.

Cinés de Berlinale (photo: Charlotte Noblet)


Le festival bienaimé du grand public

A partir de 1999, le tapis rouge de la Berlinale – pendant des marches de Cannes – quitte le cinéma Zoo Palast de Berlin Ouest, et prend ses marques dans le Berlin nouveau, devant le théâtre à "musicals" Berlinale Palast au beau milieu de la Potsdamer Platz, ensemble urbain sorti de terre à la fin des années 70 et se voulant skyline de Berlin. C’est là que chaque année en février, les fans attendent la sortie des stars.

Mais le festival de films de Berlin n’est pas 100% snob: au contraire, projections et débats sont largement accessibles au public qui, 10 jours durant, peut découvrir plus de 19.000 films réalisés dans plus de 120 pays différents et courir les "Parties" à paillettes lors desquelles le beau monde parle affaire et glamour.

L'accessoire incontournable de la Berlinale (photo: Charlotte Noblet)

A chaque film sa catégorie

Les films du festival sont sélectionnés dans différentes catégories, dont chacune est dotée de critères et de récompenses particulières.

  • En "compétition", on retrouve chaque année les films grand public faits pour le grand écran. Ces films sont visionnés par le jury international qui décerne les Ours d’Or et les Ours d’Argent. C’est la catégorie qui fait l’objet d’un suivi médiatique de première importance.
  • La catégorie "Panorama" présente des productions indépendantes et d’arthouse. C’est le public qui détermine par vote le gagnant de cette catégorie.
  • La catégorie "Forum international de nouveau cinéma" rassemble les productions de pays éloignés comme les productions expérimentales.
  • Tout aussi originales sont les courts-métrages montrés dans la catégorie "Berlinale shorts".
  • Les films des sessions "Génération  Kplus" et "Génération  14plus" sont destinés à une jeune assistance et concourent à l’Ours de Cristal, remis par un  jury d'enfants et un jury de la jeunesse.
  • Quant aux productions présentées dans la catégorie "Perspective cinéma Allemand", ce sont des films réalisés par de jeunes cinéastes allemands. Tous concourrent pour le prix "Dialogue en Perspective" remis par un jury composé de jeunes cinéphiles français et allemands.
  • Enfin, la session "Rétrospective" présente au public des productions décisives dans l’histoire et la culture cinéma.
  • Depuis 2007, une nouvelle catégorie a vu le jour, celle du "cinéma culinaire" qui traite de thèmes culinaires autour d’une bonne assiette.

La Berlinale 2009

La 59e édition du festival de film international de Berlin dévoile une programmation laissant une large place aux documentaires comme aux questions de crise financière, de migrations et de mal-bouffe. Signe des temps qui courent?

C’est la projection de L’enquête – The International, thriller politico-financier de l'Allemand Tom Tykwer qui ouvre ainsi les festivités avec une intrigue rappelant étrangement la situation actuelle. Dans les autres catégories, on remarquera le thème récurrent des frontières et flux migratoires. Welcome de Philippe Lioret (Panorama) raconte la détermination d’un jeune Kurde à quitter Calais pour aller rejoindre sa dulcinée à Londres; Coyote (Panorama) suit un groupe de Mexicains essayant de gagner les Etats-Unis;  Fliegen (Perspektive Deutsches Kino) présente la situation d’un jeune en situation illégale à Berlin ; Jedem das Seine (Perspektive Deutsches Kino) filme la destinée de 2 frères tsiganes en Allemagne. Enfin, la catégorie consacrée au "cinéma culinaire", qui allie 7e Art et gastronomie, dénonce la mal-bouffe avec des productions comme Food Inc. de Robert Kenner ou Nos enfants nous accuseront, documentaire de Jean Paul Jaud sur les conséquences nutriotionnelles de la pollution de notre environnement.

Tout de même, les V.I.P. seront là pour jouer aux stars sur le tapis rouge déroulé devant le Berlinale Palas et les fans pourront attendre les Kate Winslet, Gus Van Sant, Gael Garcia Bernal, Robin Wright Penn, Keanu Reeves, Renée Zellweger ou encore Jean Reno.

A noter enfin, la remise de la Berlinale Camera à Claude Chabrol pour pour oeuvre, 50 ans après son ours d'Or pour les Cousins. L’occasion pour ce grand maître du cinéma de présenter son dernier polar Bellamy avec Gérard Depardieu et Clovis Cornillac.

Ours de la Berlinale (photo: Charlotte Noblet)

Infos pratiques

  • Le site officiel de la Berlinale:
    www.berlinale.de
  • Les évènements berlinois lors de la Berlinale:
    berlinale.unlike.net
  • Blog "spécial Berlinale":
    berlinale2009.blogs.nouvelobs.com

[photo: 5_Potsdamer Platz en Berlinale]

Charlotte Noblet
(textes & photos)

Merci à Doris Mayer, du service photos de presse de la Berlinale
 


Partager





© Vivat.be 2014

Contact | Qui sommes nous?