Le sexe de Monsieur

Bite d'amarrage (Christophe Eyquem - licence art libre - freemages.free.fr)Vivat s’est déjà penché (!) sur le sexe de Madame. Mais, en quels termes, peut-on évoquer cet appendice qui mène Monsieur ? Allons jeter un coup d’oeil sur ces parties viriles parfois qualifiées d’honteuses.


Notre exploration, sous le patronage de Saint-Frusquain, sera guidée par Patricia Vigerie, auteure du "Dictionnaire des gros mots". Dans cet ouvrage qui fait aujourd’hui référence, elle ne dédaigne pas les expressions argotiques comme bilelots, marchandise, service ou couvert trois pièces. Quand ce ne n’est pas le très poétique paquet de mariage ou de l’épousée.

Elle rappelle que les testicules témoignent du sexe de l’homme. Le mot "témoin" découle (!) de "testicules". Ces couilles ont donné naissance à un beau lot d’expressions : d’avoir les couilles molles jusqu’à baiser à couilles rabattues.On peut aussi se les geler, se les peler, se les cailler ou se les faire casser par un... casse-couille. Par un couillon de casse-burnes.

Leur forme les ont amenées à se faire traiter d’olives, billets, noits, grelots, noisettes prune(au)x, de bonbons,... Mais on peut encore parler de roubignoles, de roustons ou roupettes. Roupettes riment avec burettes, un terme qui désigne un accessoire de messe que l’on peut... vider.

Comme les testicules vont normalement par deux, on parlera d’une paire ou, pourquoi pas, des deux orphelines. Leur position pendante les ont fait traiter de breloques ou sonnettes, de balloches ou de valseuses.

Le roi pénis

Les testicules sont peut-être les témoins de la virilité. Elles n’en restent pas moins des accessoires par rapport à maître pénis. Très nature, le pénis est aussi baptisé verge ou ine (de "flûte d’écorce"). La pine a aussi ses dérivés (piner, pinocher, pinocheur) et ses expressions (avoir les yeux en trou de pine, revenir la pine sous le bras).

Le pénis, ce membre, ce 11e doigt, est peut-être le levier (vit) de la vie de l’homme. C’est son outil, son instrument, son engin.

C’est sans doute la marine qui a amené l’utilisation du mot bite ou bitte. C’est l’arabe qui a produit zeb et zob. Pour faire enfantin, on peut utiliser la quéquette. On peut préférer la zoologique queue à l’alimentaire nouille ou macaroni. De cuisine, il sera encore question avec le poireau, le radis, l’asperge, le salsifi ou la carotte. Ou, si l’on fait dans la viande d’andouille, de boudin, de saucisse ou de merguez.

Certains considèrent leur noeud, leur chibre comme une arme. A l’armurerie, du sexe, on trouve le braquemard (une épée courte), le dard, le sabre, l’arbalète, le fusil, le pistolet, l’espadon, l’arc, le couteau, le poignard, la flèche, la lance, la pique.

Les amateurs de termes médicaux préfèreront utiliser un bistouri ou une seringue. Le gourdin, la matraque donnent une impression de force et de volume. Mais qu’importe les dimensions, pourvu que Monsieur ait la trique.

  • Patricia Vigerie, "Dictionnaire des gros mots", Favre, Lausanne, 2004, 320 pp.

Philippine Campener

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