Maisons groupées: un autre regard sur l'art d'habiter

 Pourquoi ne pas réunir sur un terrain adéquat un ensemble de maisons individuelles qui, contrairement au lotissement traditionnel, occupe globalement une surface au sol moins importante à nombre d'habitations égal ? Ce choix permet, entre autres, de mieux rentabiliser le terrain et d'héberger davantage de familles sur une superficie donnée. Une formule à examiner.


Le concept des maisons groupées n'en est encore qu'à ses débuts et, en Belgique, c'est en Flandre qu'il connaît le plus d'essor. Ce qui s'explique par le fait que le manque crucial de terrains à bâtir a commencé par sévir en région flamande mais, à terme, il affectera certainement la quasi totalité du pays. Déjà, un peu partout, les parcelles se raréfient et leur surface se réduit. Bien sûr, le "rêve" reste focalisé sur la construction à 4 façades, 3 à la rigueur, et le symbole de la belle maison individuelle ceinte d'un grand jardin conserve toute son aura. Il n'empêche que l'indispensable réalisme mènera inéluctablement à une évolution irréversible et à d'autres formules résidentielles.

Entre la "barre" à appartements empilés les uns sur les autres et la propriété unifamiliale isolée, il existe, heureusement, d'autres solutions, à dimension humaine et sociologiquement séduisantes. Certes, le virage sera sans doute difficile et le manque d'informations sur le sujet ne facilitera pas les choses. Bonne raison pour s'y intéresser et brancher les candidats bâtisseurs sur de nouveaux horizons.

Le principe des maisons groupées

Loin de se soumettre à des règles rigides et contraignantes, il connaît plusieurs variantes, l'idée de base consistant à réunir sur un terrain adéquat un ensemble de maisons individuelles qui, à l'inverse d'un lotissement classique, occupe globalement une surface au sol moins importante (à nombre d'habitations égal). Une option qui permet donc de mieux rentabiliser le terrain et d'héberger davantage de familles sur une superficie donnée.

Un tel énoncé ne manquera évidemment pas de réveiller maintes réactions individualistes, le Belge ayant tendance, on le sait, à considérer son habitation comme un refuge très fermé au regard des autres. Aussi, il convient que, dans une certaine mesure, les maisons groupées préservent ces sentiments. Reste à inviter les architectes à se livrer à de beaux exercices de style et à repenser les implantations traditionnelles. Grâce à la créativité, il est effectivement tout à fait possible de concilier le besoin légitime d'une certaine intimité et un voisinage rapproché. Ne serait-ce, déjà, que par une disposition très étudiée des maisons, où interviendront évidemment ces incontournables paramètres que sont l'orientation et l'exposition, mais où l'on pourra notamment jouer sur des façades plus ouvertes ou plus fermées selon les fonctions des locaux qu'elles délimitent. D'autre part, le développement des doubles vitrages, devenus aujourd'hui des composants multifonctionnels, tout autant que celui des divers écrans de protection, permet de réduire la perception visuelle venant de l'extérieur sans affecter la vue qu'en ont les habitants.

Tout aussi profitable est l'aménagement du terrain qui intervient pour une part essentielle dans ce concept car, ici, le jardin individuel s'inscrit dans une entité collective sans séparations réelles (ce qui donnera une impression d'espace accru) lequel impose néanmoins d'instaurer certaines limites, plus ou moins virtuelles.

Un art paysager devenu essentiel

L'intérêt grandissant pour les jardins en général a favorisé une grande inventivité dans l'aménagement des espaces verts et stimulé imagination des créateurs. Ainsi, on recourra à des espèces oubliées pour la réalisation de haies vives qui retrouvent aujourd'hui un réel attrait végétal et on usera de structures et de maxi jardinières en bois, de façon à fragmenter l'espace sans le diviser.

En créant de légers vallonnements, en accordant les circulations à l'implantation des constructions et en tenant compte des fonctions internes en contact avec l'extérieur, on réussit à accorder en toute discrétion les besoins d'individualité et la possibilité de vivre dedans comme dehors sans promiscuité et dans un environnement harmonieux. Faut-il préciser que, correctement exploité, ce concept permet d'optimiser la surface non construite, ne serait-ce déjà que par l'absence de séparations formalistes et une réduction des besoins en circulations. Plutôt donc que de se retrouver confinés dans un espace vert privé mais petit, les habitants se sentent nettement plus au large tout en étant à l'abri d'une perception indiscrète de la part du voisinage.

Un avantage qui compte : les équipements collectifs

Le regroupement d'habitations ne se limite pas à réunir des maisons en un espace commun. Généralement, ces ensembles donnent lieu à des installations et à la construction de locaux communs dont les fonctions sont souvent décidées par les futurs habitants. Suivant leurs besoins, leurs affinités les uns avec les autres et des nécessités spécifiques selon les familles concernées. Ainsi, plutôt que de prévoir des buanderies individuelles, on leur préfère une laverie centralisée, bien équipée, utilisée par tous. Au gré des desiderata, on peut prévoir une salle de jeu pour les enfants, un atelier de bricolage basique où chacun vient travailler avec son propre outillage à moins qu'il ne soit complètement équipé par un apport collectif. Cela peut aller jusqu'à une piscine ou un court de tennis, tout cela se décidant de manière collégiale. De quoi sensiblement augmenter la qualité de vie, réduire certains coûts et renforcer la convivialité au sein de cette collectivité qui n'en est pas tout à fait une puisque l'individualité des partenaires d'une telle entreprise se trouve toujours préservée.

D'autres habitations pour une autre société

La formule des constructions groupées peut également se matérialiser en de petites entités à quatre façades comportant, par exemple, deux, trois voire quatre logements. Ceux-ci doivent évidemment faire l'objet d'une étude bien ciblée pour que leur imbrication dans le volume bâti procure à chaque famille un sentiment d'indépendance par rapport à cette contiguïté. Ici, également, l'aménagement circonstancié du terrain jouera un rôle important car il sera évidemment accessible à toutes les familles et non pas réservé aux seuls rez-de-chaussée comme c'est normalement le cas dans les constructions abritant plusieurs logements.

Il va sans dire que le coût d'un logement dans un ensemble groupé sera moins élevé, à valeur comparable, que celui d'une maison unifamiliale à trois ou quatre façades. Et cela, tout en offrant aux habitants un style de vie plus " ouvert" que celui proposé par une maison isolée ou en rang. On y verra donc une solution pragmatique à la raréfaction des zones constructibles ainsi qu'à une demande en constante augmentation que l'offre actuelle n'est plus capable de satisfaire.

Source: Batibouw     

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