Quand le jardin prend la clé des champs

Le jardin anglais aurait-il disparu de notre univers paysager? Oui et non ! Si les nombreux espaces et parcs à l'anglaise que compte notre pays constituent un irremplaçable patrimoine, il n'en reste pas moins que l'évolution de l'habitat et la densité démographique rendent ce style d'aménagement jardinier de plus en plus rare. Une nouvelle approche : les jardins plus "sauvages".


Aujourd'hui, les jardins des maisons individuelles, même à la campagne, se font plus petits tandis que le jardin de ville - qui n'est jamais très grand - retrouve la cote avec les rénovations et les retours vers les sites urbanisés. Il est évident que l'art paysager a suivi de près cette évolution. D'où le succès récent mais notoire de jardins plus sauvages, privilégiant souvent la végétation spontanée ou se transformant même en prairie maîtrisée.

Voilà donc un nouveau chapitre du "livre vert" de notre époque. C'est ainsi que les professionnels du secteur se sont rapidement adaptés à cette nouvelle approche végétale tandis que le jardin devient un réel lieu de vie vu l'allongement du temps passé à l'extérieur.

Les jardins des jardiniers pressés

Alors qu'en ce début de siècle, on veut tout, tout de suite, on ne compte plus les jardiniers pressés de profiter à fond de leur espace vert, si possible aussitôt la construction terminée! Mais la nature ignore ce genre de pression et le monde végétal poursuit son petit bonhomme de chemin à son rythme. Qu'à cela ne tienne, la créativité et le savoir-faire des pépiniéristes et autres spécialistes proposent aux bâtisseurs et aux rénovateurs des solutions express et à moindre coût, ce qui tombe bien en fin de chantier. Un petit miracle? Presque!

Cet exemple parmi d'autres offre la possibilité de commencer l'agencement d'un jardin (urbain ou non) le matin et de pendre la crémaillère ou plutôt… l'arrosoir le soir même! Une performance qui demandera toutefois 10 jours d'attente dans le cas où le terrain doit au préalable être assaini ce qui se pratique à l'aide d'une pulvérisation sélective non toxique pour l'environnement.

La suite du programme consiste à amender et ratisser la surface puis à la couvrir (à l'exception des circulations et aires d'activité) d'une épaisse couche d'écorce, au remarquable pouvoir drainant. Cela fait, on considère déjà le jardin d'un autre œil. Vient enfin la mise en place des végétaux. Et comme la nature est généreuse, il n'y a plus qu'à choisir parmi d'infinies gammes de plantes, des plus basses aux plus hautes compte tenu de la nature du terrain (encore que l'écorce arrange bien des choses) et de l'exposition.

Graminées, bambous et autres vivaces (que l'on peut sélectionner parmi les espèces à croissance rapide) vont se prélasser dans ce milieu d'autant plus favorable qu'il est honni des limaces et qu'il ne réclame qu'un entretien annuel. Faut-le dire, les plantes en pots - et notamment les buis taillés - achèveront de structurer l'ensemble. Enfin, quelques dalles de bois judicieusement disposées entre les plantations donneront encore plus de caractère au jardin tout en permettant de le parcourir agréablement. A prévoir en tout cas : une zone libre (pavée ou également revêtue d'écorce) pour y prendre des repas ou s'y détendre. A doter du mobilier ad hoc et des petits conforts indispensables.

Du style, oui, mais sans raideur

Les formules comme celle évoquée ci-dessus sont légion avec des variantes plus ou moins structurées en fonction des goûts de chacun. Ce peut être un assemblage géométrique de petites chambres de verdure ceintes de haies basses, un jardin pavé serti de mini parterres fleuris et agrémenté d'arbustes en pots, un aménagement composé de supports en bois auxquels s'accrocheront des grimpantes, à moins d'agencer une succession de petites aires à fonction précise, idéale pour un jardin tout en longueur.

Bien entendu, l'arrivée de ces jardins relativement informels n'exclut pas d'opter pour des styles plus typés comme le jardin japonais, zen ou aquatique, le potager fleuri (dont on commence à découvrir le charme) ou des interprétations libres des grands classiques. Un conseil néanmoins, même si l'on a des doigts verts : il est toujours gratifiant d'effectuer le démarrage avec l'aide d'un professionnel d'autant que la pose de pavement ou la construction de bordures exigent aussi le concours d'un homme de métier.

Jardins habités

Quel que soit le style choisi, une place appréciable (à moduler en fonction de la superficie), doit aller aux activités de plein air auxquelles seront affectées de petites "pièces à vivre" aménagées en conséquence. A matérialiser sous forme d'une salle à manger (dotée de sièges empilables pour l'adapter au nombre de convives forcément fluctuant), d'un point de rencontre et de repos dont la fonction variera selon les circonstances et qui se trouvera bien d'un mobilier de salon de jardin, un emplacement pour les jeux (s'il y a des enfants) voire une aire attribuée à un sport ne réclamant pas un terrain spécifique (ping-pong, jokari,…). Incontestablement, la belle pelouse où l'on ne peut marcher a vécu au profit d'un jardin convivial qu'il vaut mieux étudier conjointement avec le projet de l'habitation pour en tirer le meilleur parti possible.

Source :

Batibouw

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  • Batibouw, édition 2008

 


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