Respecter la fièvre

Dans la médecine allopathique, elle est considérée comme une ennemie à combattre. La médecine naturelle la voit comme une amie à respecter, et qui mène à la vraie guérison.

 


Notre température idéale ? 37°. C’est le nombre de degrés qu’il faut à notre corps pour fonctionner au mieux. Lorsqu’elle monte à plus de 1° au dessus de la normale, on parle de fièvre.

La médecine allopathique nous a appris qu’elle était mauvaise. Nous avons tous ce scénario catastrophe en tête : une fièvre dépassant les 40°, même si c’est très rare, qui mène à la mort. C’est pourquoi, dès qu’elle s’élève, nous avalons un comprimé pour la faire baisser. 
Or, voyez-vous, la fièvre est utile. C’est un processus naturel dont notre corps dispose pour se défendre contre les microbes. La faire disparaître revient à contrecarrer les efforts curatifs mis en place par la nature. Démonstration.

Un système de défense naturel

La fièvre est provoquée par des microbes, toxines, poisons, allergènes, … qui représentent une menace pour le bon fonctionnement et la survie de l’organisme. Alors lorsque ces indésirables pointent leur nez, le corps sort sa meilleure carte : la fièvre.

Prenons une infection microbienne. Le système immunitaire, garant de notre santé, la repère et appelle son armée à le combattre. Parmi les soldats : les macrophages (qui avalent les microbes), les microphages, les lymphocytes T, K, … Ceux-ci doivent, pour se rendre sur le champ de bataille, emprunter la circulation sanguine. Alors, pour ne pas perdre de temps, l’organisme va s’atteler à ce que le sang circule plus vite. Le cœur bat à un rythme plus élevé : 100 pulsations à la minute au lieu de 60. La lymphe, liée au sang, circule également plus rapidement, les muscles cardiaques accentuent leurs efforts… Et comme tous les organes dépendent les uns des autres, tous les autres s’adaptent à la nouvelle cadence.

Les émonctoires (foie, reins…), chargés de l’épuration du sang, intensifient leur activité de filtrage pour éliminer rapidement les déchets. Toute cette agitation entraîne une production de chaleur : c’est ça la fièvre. Cette brève description de ce qui se passe dans notre corps le prouve : la fièvre est naturelle et a sa raison d’être. La faire disparaître, c’est empêcher le corps de tuer les microbes et les émonctoires d’éliminer leurs cadavres. C’est espérer guérir un malade tout en s’opposant aux processus de guérison.

La couper, l’erreur à ne pas commettre

"Couper" une fièvre, comme le préconise la médecine allopathique, retarde même la guérison. Une grippe trop ‘bien’ coupée, et le malade la traînera tout l’hiver. Une infection des voies respiratoires hautes (nez, gorge) trop bien coupée et elle réapparaît peu de temps après. C’est ainsi qu’elle peut se transformer en bronchite puis dégénérer en broncho-pneumonie.

Couper une fièvre, c’est sauter une étape de la guérison, et pas la moindre. Celle de la purification du terrain. Christopher Vasey, dans son livre « La fièvre, une amie à respecter » (éditions Jouvence) l’explique de façon très imagée : « Tout comme les moustiques ont besoin d’eaux stagnantes pour prospérer, les microbes ont besoin d’un terrain surchargé de déchets pour survivre et se multiplier. » Car la fièvre sert aussi à nettoyer le terrain ! Lorsque celui-ci est assaini, la disparition des microbes et aussi précipitée. « Quel regain d’énergie, de joie de vivre et de résistance lorsque le malade laisse la fièvre se faire et rénove ainsi son terrain. Une guérison véritable a lieu et ça se sent. »

Bien sûr, l’auteur ne remet pas en question l’utilité de couper la fièvre. Cette technique a permis de diminuer le nombre de maladies aigües, mais en dégradant le terrain, elle a aussi amené à l’augmentation des maladies chroniques.

Son livre est un véritable guide pour tous ceux et celles qui désirent se soigner naturellement en cas de fièvre. A ceux qui avancent l’argument du danger que peut provoquer une trop forte température, Christopher Vasey répond : « respecter la fièvre ne signifie pas ne rien faire… »

Observer et aider le corps

Pour la respecter, il faut d’abord bien la connaître. Elle dure généralement jusqu’à ce que son but soit atteint. Première étape : elle monte, c’est le repérage des infections. Ensuite, elle atteint son pic : c’est le branle-bas de combat. Enfin, la température chute : le malade sue, urine, va à selle. Le corps élimine les toxines.

Pendant la fièvre, le malade doit économiser ses forces pour que son corps puisse se consacrer entièrement à la lutte contre les microbes. Il lui faut du repos, pas de stress ni de bruit. Il faut également veiller à ce que la pièce soit bien aérée et à changer les draps dans lesquels il a transpiré pour évacuer le mauvais.  Boire ? Il doit. De l’eau, ou des infusions sans sucre. Manger ? L’auteur explique que manger à certains moments de la fièvre revient à ajouter de l’huile sur le feu et décrit quand il faut réintroduire la nourriture.

Il conseille aussi quelques pas dans la journée pour stimuler le métabolisme, mais pas trop pour ne pas épuiser le malade. Enfin, il parle de vider volontairement l’intestin (avec un laxatif doux ou un lavement) si le malade est constipé car il ne peut pas garder les déchets qui doivent être éliminés.

Intervenir si nécessaire

Si la nature fait bien les choses, elle n’est pas parfaite. Et il arrive que la fièvre devienne trop élevée. Christophe Vasey raconte comment la diminuer (sans la couper !) quand elle dépasse les 39 °. Il nous apprend qu’on peut également l’augmenter dans le but de la faire mûrir quand elle dure depuis trop longtemps. Cela permet d’arriver au stade de l’élimination.

Ces techniques permettent au malade d’avoir un moment de répit qui l’aidera à supporter la dernière phase de la fièvre, indispensable à la guérison.


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