Le soleil et le bronzage: victimes de la mode

Il est loin le temps des cours, où l'on croisait des dames poudrées protégées par une ombrelle pour ne pas subir les assauts de cet astre maudit: le soleil. En ce temps-là, le soleil était un critère de classement social: une peau hâlée ne pouvait appartenir qu'à la paysannerie. Seul un teint blanc garantissait des origines plus nobles.


Le vent commence à tourner au 19e siècle, lorsque le corps médical s'aperçoit que le sanatorium, à la mer ou à la montagne, combiné au grand air et au soleil, pourrait avoir des vertus insoupçonnées. Les anciens malades pâlots et souffreteux sont renvoyés guéris et le teint hâlé. La vitamine D qui prévient le rachitisme vient du soleil. Le littoral ou la montagne deviennent lieux de cure, ce qui favorisera l'essor des villes thermales à la fin du 19e et au début du 20e siècle.

Durant la 1re moitié du 20e siècle, il est de bon ton chez les chefs d'entreprise de posséder un lieu de villégiature afin de fuir les nuisances des grandes villes. On cherche le soleil pour ses vertus thérapeutiques. Les jeux au grand air deviennent un art et l'on commence à se découvrir pour permettre au corps de se mouvoir en toute liberté.

Les congés payés permettent à tous d'en profiter. Le soleil devient un droit pour tous les travailleurs. Commencent alors la mode du bronzage, les bains de mers, les maillots, les bikinis… les coups de soleil.

Aujourd'hui, le soleil est donc toujours un critère de classement social! Si l'on est bronzé, c'est qu'on a les moyens (de paresser au soleil, de sortir jardiner, de partir en vacances, de faire du sport au grand air).

Mais en sera-t-il de même dans les années à venir? Si le soleil sans en abuser est bénéfique, l'art de faire la crêpe l'est un peu moins: on sait maintenant que les mélanomes (cancer de la peau) peuvent provenir de coups de soleil à répétition attrapés durant l'enfance.


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