Assurances voiture: un système opaque

Accident de voitureAprès la suppression – exigée par la Commission européenne - du système de bonus malus obligatoire et identique pour toutes les compagnies – les assureurs tentent d’attirer chez eux (ou de conserver) les "bons risques", c’est-à-dire les conducteurs commettant le moins d’accidents en défaut, et éliminer autant que possible les "mauvais risques", à savoir, les conducteurs "présumés susceptibles" d’occasionner davantage de sinistres, les jeunes et les personnes âgées notamment.


Selon Test-Achats, les différents systèmes mis en place ces derniers mois par les compagnies d’assurance pour "récompenser" les bons conducteurs sont tout, sauf transparents.

L’ancien…

Les assureurs appliquaient tous, jusqu’à l’année dernière, un système identique et obligatoire de bonus malus basé sur une échelle de 0 (risque le plus faible) à 22 (risque le plus élevé), chaque degré correspondant à un certain pourcentage de la prime: le plus souvent, 54% aux niveaux 2, 1 et 0; 200% au niveau 22. Le nouvel assuré entrait au niveau 11 (85% de la prime) et descendait d’un degré par année d’assurance, qu’il soit ou non responsable d’un sinistre. Pour chaque année avec sinistre(s), l’assuré montait de 5 degrés par sinistre.

… et le nouveau

Depuis le 1er janvier 2004, les compagnies peuvent moduler complètement leurs tarifs à leur guise. Elles ont toutefois conservé la philosophie du bonus malus généralisé, mais avec souvent différents accommodements visant donc à privilégier les "bons" risques au détriment des "mauvais". Elles ont notamment inventé différentes formules visant à neutraliser dans une plus ou moins grande mesure les conséquences financières d’un ou de plusieurs accidents provoqués par un "bon" conducteur (ces "cadeaux" sont le plus souvent retirés à l’assuré dont l’accident a été causé en état d’ivresse ou d’intoxication alcoolique, en cas de délit de fuite ou de conduite sans permis,…).

Il existe 3 grands types d’avantages "bons conducteurs": le bonus type "Joker", les degrés négatifs et la réduction de prime. Mais quasi chaque compagnie applique son système propre, qui est parfois une combinaison de deux avantages.

Situation guère modifiée

D’après Test-Achats, difficile pour le consommateur de s’y retrouver dans l’écheveau de ces différentes formules, d’autant que l’assurance auto est un marché très segmenté où les primes varient en fonction de l’âge, du domicile, du sexe et de la voiture de l’assuré. Pour mesurer l’intérêt de ces différents systèmes, il faut savoir que l’impact d’un accident était déjà très limité dans l’ancien système. D’autre part, les réductions de prime peuvent se révéler au moins aussi importantes que l’avantage procuré par le Joker.

En fait, ces "cadeaux" aux bons conducteurs n’ont pas fondamentalement changé la situation: ce qui compte avant tout, c’est la prime à payer au départ, la prime cumulée payée sur 12 et 17 ans et la prime cumulée (sur 10 ans, par exemple) après 1 ou 2 accidents. Et, sur la base de ces facteurs essentiels, les compagnies les plus intéressantes – pour les "bons risques" – sont celles qui reviennent régulièrement comme Maîtres Achats dans les études de Budget & Droits. A titre d’exemple, et à condition de s’y retrouver, l’avantage calculé par les spécialistes de Budget et Droits (Budget & Droits 182 - septembre 2005) peut aller jusqu’à 251 euros par an (soit 4266 euros sur 17 ans) entre la formule la plus chère et la moins chère. En comparaison, la valeur de la combinaison avec un système de Joker (non déclaration du premier accident), par exemple, est en pratique très réduite : dans les exemples de Budget et Droits, cette valeur oscillait entre 50 et 180 euros.

Par contre, là où les nouveaux systèmes modifient la donne, c’est sur l’opportunité de déclarer ou non un accident. Le conducteur qui dispose d’un Joker n’a aucun intérêt à ne pas déclarer son premier accident. Pour un second accident, un petit calcul s’impose, pour lequel le module ad hoc de Test Achats se révélera précieux pour les consommateurs affiliés. Quant aux autres, difficile de s’y retrouver.

Robert Derumes


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